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samedi 29 janvier 2011

La résilience du soldat américain
















Il faut lire de tout urgence l'excellent article de Philippe Leymarie :
Le « fitness spirituel » de l’armée américaine sur le blog Défense en ligne ( jeudi 27 janvier 2011).




"l’homme est l’instrument premier du combat"

On y apprend que l'armée américaine a développé un programme de « réarmement moral » de ses soldats.
En renforçant 5 domaines constitutifs du combattants l'armée US compte le rendre plus résilient et ainsi limiter les effets de stress post-traumatiques liés aux engagements en Irak et en Afghanistan.

Les 5 domaines de ce blindage moral sont :
- le physique (physical) à base d'endurance, musculation, entraînement intensif et alimentation saine (Performing and excelling in physical activities that require aerobic fitness, endurance, strength, healthy body composition and flexibility derived through exercise, nutrition and training.) ;
- le moral ou force morale (emotional) : exercices développant la confiance en soi et permettant de positiver face à n'importe quel événement (Approaching life’s challenges in a positive, optimistic way by demonstrating self-control, stamina and good character with your choices and actions.) ;
- le social : un réseau d'amis partageant les mêmes idéaux, qui renforcent cette confiance en soi, en sa valeur en ses principes (Developing and maintaining trusted, valued relationships and friendships that are personally fulfilling and foster good communication including a comfortable exchange of ideas, views, and experiences.) ;
- le spirituel : développer une croyance qui renforce les valeurs acquises par la famille, les réseaux sociaux et la force morale (Strengthening a set of beliefs, principles or values that sustain a person beyond family, institutional, and societal sources of strength.) ;
- la famille : environnement sain, sécurisant et aimant (Being part of a family unit that is safe, supportive and loving, and provides the resources needed for all members to live in a healthy and secure environment.).
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Au-delà des critiques, que cette vision traditionaliste mise en place par des technocrates issus de l'administration Bush ne peut manquer de susciter, ce renforcement moral du combattant américain ne peut pas laisser indifférent si l'on s'intéresse aux thèmes de la résilience et des risques humains :
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- la technologie ne fait pas tout et les meilleurs blindages mis en place sur le véhicules ne couvriront pas la fragilité des hommes ;
- la guerre est un phénomène psychologique destructeur et nécessite que la communauté des combattants soit la plus soudée possible pour y faire face (résilience) ;
- l'humain reste le phénomène le plus important pour gagner des batailles (l'armée américaine l'avait peut-être oublié en misant exclusivement sur la technologie) ;
- la résilience d'un groupe n'est pas un phénomène automatique mais se construit patiemment (voir mon billet sur les HRO : HRO : High Reliability Organizations : haute fiabilité organisationnelle );
- par delà les dérives (incontournables avec la manière excessive dont les Américains savent s'attaque aux problèmes pour les régler), cette méthode peut inspirer la manière de recréer au sein d'une nation de la résilience, de la confiance et une identité nationale renforcée en chassant la spirale de l'anxiété par celle du positivisme en des valeurs communes, partagées et reconnues (voir mes billets sur ce sujet, notamment : Résilience, débat sur l'identité nationale et livre blanc sur la défense et la sécurité nationale et Débat sur l'identité nationale : quelle utilité ? )
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- il est donc finalement étonnant (mais la vision française est biaisée) que ce programme n'insiste pas également sur la nécessaire reconnaisance de la Nation dans le bien-fondé de la mission militaire. Cet aspect (moins prégnant aux Etats-Unis, où la Nation soutient ses Boys, qu'en France où l'indifférence domine) est essentiel pour que le soldat se sente compris et soutenu. Si les limites à cette compréhension sont celles du microcosme qu'on lui demande de se créer autour de lui (famille, réseau social), il restera vulnérable lorsqu'il s'apercevra que le reste de la Nation demeure soit indifférent, soit hostile à son engagement.
Ce ne sont que quelques pistes de réflexions. Une fois encore, il importe de rester prudent face à ce programme qui comporte certains excès. Ce qui reste rassurant, c'est le retour à l'humain, après les excès du tout technologique.


POUR ALLER PLUS LOIN :
CITATIONS
"Les facteurs moraux représentent l'un des aspects les plus importants de la guerre. [...]
c'est une bien pauvre philosophie qui édicte règles et principes à l'exclusion des forces morales [...]
Toute règle se rapportant aux forces physiques devrait intégrer le rôle qu'y jouent les facteurs moraux [...]
Les forces physiques sont la hampe de bois, les forces morales le métal noble" (Clausewitz, De la guerre, traduction de Laurent Murawiec, Livre III, chap III : Les facteurs moraux).
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"l’homme est l’instrument premier du combat ; il ne peut être rien de sagement ordonné dans une armée, constitution, organisation, discipline, tactique, toutes choses qui se tiennent comme les doigts d’une main, sans la connaissance exacte de l’instrument premier, de l’homme, et de son état moral en cet instant définitif du combat»
(colonel Ardant du Picq, Études sur le combat, 1868.)

« tout ce qui se fait dans une armée doit avoir pour but d’accroître et de fortifier sa force morale » Maréchal FOCH

samedi 20 novembre 2010

Comment développer la culture et la réponse des citoyens aux risques?




Lundi 13 Décembre 2010 Centre de conférences Edouard VII, Opéra - Paris IX
En partenariat avec la Direction de la Sécurité Civile, le Ministère de l'Intérieur, de l'Outre-Mer, des Collectivités territoriales et de l'Immigration
Ce colloque a pour ambition :
  • identifier les diverses approches de la culture du risque en France
  • identifier les moyens pour développer et diffuser cette culture du risque
  • s’interroger sur la manière d’entretenir et de nourrir cette culture au sein des populations.
Dans une société se faisant régulièrement l'écho d'événements rappelant la vulnérabilité des hommes dans les interactions qu'ils entretiennent avec leur milieu, le besoin d'une connaissance approfondie de leur environnement se manifestant notamment par l'acquisition d’une conscience et d’une culture du risque communes se fait de plus en plus sentir. En effet, toute personne par son comportement concourt à la sécurité civile. Cette participation repose sur l’expression concrète de certaines valeurs communes : l’acquisition de la connaissance des risques encourus dans notre environnement proche ou éloigné et l’apprentissage des gestes de premier secours et l’application des consignes de sécurité.Or, la récurrence d’événements mettant en péril de plus en plus de vies humaines, doublée de l’incompréhension des sinistrés face à l’ampleur d’un événement majeur, interroge sur la capacité des individus à se sentir concernés par les risques au point de mettre en pratique de manière naturelle et autonome les comportements adaptés de prévention et de protection.
En France, les récentes catastrophes naturelles telles que la tempête Xynthia qui a frappé le littoral atlantique ou encore les fortes intempéries qui se sont abattues dans le Var ont parfois mis en avant la difficulté de gérer des crises dans l’urgence en l’absence d’une culture du risque solidement ancrée au sein de la population française. Il devient donc primordial de mobiliser les efforts de communication, d’information et d’apprentissage des gestes justes notamment vers les plus jeunes. Concernant les risques majeurs (naturels et technologiques) les pouvoirs publics et leurs relais s’attachent à réaliser des supports d’information pour favoriser la diffusion de la culture des risques. A titre d’exemple, des sites internet spécifiques conçus par les pouvoirs publics et des associations fortement investies dans la propagation de cette culture appellent le citoyen à s’emparer de cette connaissance pour qu’il devienne un membre éminemment incontournable de la Sécurité civile. Ainsi, le prix d'une satisfaction par les pouvoirs publics de tous les besoins exprimés par les populations étant exorbitant pour la collectivité, chacun doit prendre conscience qu’il peut concourir au bien être de tous, devenir le propre acteur de sa sécurité et, par ce biais de la sécurité collective.
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Pour aller plus loin :
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Mes billets sur la culture de préparation citoyenne face aux risques :

vendredi 4 décembre 2009

NOTION DE SECURITE SOCIETALE

"Le concept de « sécurité sociétale » est désormais reconnu internationalement et relègue désormais au second plan les concepts de « sécurité globale » pour la France, de Homeland Security pour les Etats-Unis ou encore de resilience pour la Grande-Bretagne".

Ce concept de « sécurité sociétale » commence à devenir à la mode en France. On le retrouve présent dans deux publications récentes :

Les Cahiers de la sécurité n°10 (oct-dec 2009), revue de l’INHES, (article de Jean-Marc PICARD) : Les travaux de normalisation dans les domaines de la gestion de crise et de la continuité des activités
Défense nationale et sécurité collective, dec 2009 (article de Christian SOMMADE et Richard NARICH) : La sécurité sociétale en question

Ce nouveau concept, forgé dans les années 1990 par OLE WAEVER (Centre for Advanced Security Theory de l'Université de Copenhague) et ses collaborateurs dans l’article Societal Security : the Concept (dans Identity, Migration and the New Security Agenda in Europe, New-York, St-Martin's Press, 1993, p. 17-40) correspond à la « capacité d’une société à persister dans ses caractéristiques essentielles face aux conditions changeantes et face à des menaces probables ou réelles ».

Il s’agit en fait de faire face aux nouveaux risques en mobilisant l’ensemble des forces de la société et en s’assurant que leurs efforts sont bien coordonnés.

Selon Christian SOMMADE et Richard NARICH (du Haut Comité Français pour la Défense Civile, HCFDC), ce concept développé dans les pays nordiques « s’inspire du concept de "défense totale" mis au point par les pays de cette région pendant la seconde guerre mondiale et la guerre froide. La société et l’ensemble des ressources doivent être mobilisés en appui de l’armée pour faire face à une agression extérieure. Dans le nouveau contexte de sécurité, où une capacité de réponse aux ruptures sociétales majeures en temps de paix est nécessaire, les autorités reçoivent un fort appui des forces armées et de la police mais aussi de la population. Ce concept de « sécurité sociétale » est désormais le concept reconnu internationalement dans le cadre des travaux de l’ISO sur ces questions et relègue désormais au second plan les concepts de « sécurité globale » pour la France, de Homeland Security pour les Etats-Unis ou encore de resilience pour la Grande-Bretagne ».

Cette norme ISO est actuellement préparée par l’ISO TC 223 (technical committee, comité technique) dont le mandat est le suivant :
Produire la « normalisation internationale dans le domaine de la sécurité sociétale, visant à accroître, chez toutes les parties intéressées, les capacités de continuité d’exploitation et de gestion de crise, par le biais d’améliorations en matière d’interopérabilité technique, humaine, organisationnelle et fonctionnelle ainsi que par une prise de conscience partagée des éléments contextuels. » (site de l’ISO)

Dans ce cadre de normalisation des méthodes et outils opérationnels, la Grande-Bretagne a commencé à se préparer collectivement dès 2004 avec une vaste réorganisation des services d’intervention d’urgence. Ce projet doit être mené à bien pour 2010, puis expérimenté en 2011 et mis en pratique lors des Jeux olympiques de Londres, en 2012.

En guise de Conclusion et puisque ce concept provient de cette région, je ne résiste pas à partager cette citation du Maréchal MANNERHEIM, considéré comme l'un des plus grands stratèges, qui fut également président de la Finlande de 1944 à 1946 :
"En serrant les rangs à l'heure du danger, la nation finlandaise s'est acquis le droit de poursuivre son existence. Si dans toutes les fluctuations du destin, nous maintenons avec une unanimité inébranlable les valeurs de patriotisme, de résolution et d'esprit défensif prêt au sacrifice, alors le peuple finlandais pourra envisager l'avenir avec une confiance pleine d'espoir" (Maréchal MANNERHEIM, Mémoires, 1882-1946, éditions Hachette 1952).

Voir aussi :

samedi 28 novembre 2009

le problème sécuritaire de la pandémie vu par SD

SD a (toujours) raison !
Dans un billet que j'aurais aimé écrire, SD note que nous sommes en train de passer d'un risque sanitaire à un risque sécuritaire.
Je cite certains extraits mais ne peux que vous recommander la lecture complète de ce billet (ainsi que ceux présents sur le blog de SD : Pour convaincre, la vérité ne peut suffire) :
"La pandémie H1N1 n'est pas qu'un problème de santé publique mais bien celui de l'ensemble de la nation, avec des implications sécuritaires. Le 26 novembre dernier, la police est intervenue pour calmer la population dans un centre de vaccination.
Tout cela pose la question de la résilience réelle de la population française que j'estime peu élevée face à des catastrophes naturelles ou des pandémies. Peu de morts et déjà des paniques collectives et des comportements égoïstes à grande échelle !
Cela pose la question de la culture du risque dans notre société.
l'heure n'est pas aux réponses mais à l'action et au civisme."
A ce billet de SD, je rajouterai que :
- malgré des plans bien préparés, les personnels des grands corps sécuritaires de l'Etat sont loin d'être tous vaccinés. Si tout le monde doit être sur le pont le jour J, pourquoi la vaccination de tous les policiers, gendarmes, pompiers, militaires, médecins, ... n'est-elle pas obligatoire ?
- cette crise sanitaire et la manière dont les citoyens réagissent doit nous inciter à redéfinir l'identité nationale au prisme de la défense face aux risques multiples auxquels nous serons confrontés. Dès lors, la notion d'esprit de défense est fondamentale. Elle ne fait pourtant l'objet d'aucune contribution sur le site internet de débat sur l'identité nationale.
Voir également :

vendredi 13 novembre 2009

Vaccinations pandémie : scepticisme et confusions & débat sur l'identité nationale

Alors que les médias européens s'interrogent sur la réalité du risque ("Pandémie ? Quelle pandémie ?", "Pandemic? What flu pandemic?" titrait cette semaine le journal britannique The Independent), que les experts scientifiques ne s'accordent pas sur la fiabilité du vaccin ou du Tamiflu et que la population a le sentiment que les décideurs et experts ont surévalué les risques et surréagi,
quelques enseignements peuvent être tirés de cette crise :
- le manque de cohésion nationale face aux crises. Cette absence d'unité nationale face à un enjeu en dit long sur notre faible résilience face aux risques majeurs...

- notre "société du risque" réagit selon les schémas présentés par Ulrich Beck : défiance par rapport aux données scientifiques, angoisses et remise en cause systématique des discours provenant des experts

- au moment où l'on redéfinit l'identité nationale (et je me répète, cf Débat sur l'identité nationale : quelle utilité ? ), il est impératif de savoir pourquoi il faut être unis face à l'adversité et de s'interroger sur les manières de créer cette communauté d'esprit national.

Pour aller plus loin :

mercredi 11 novembre 2009

Risques et savoirs : une revue sur la préparation citoyenne face aux risques - POUR FAVORISER LA RESILIENCE CITOYENNE !

Les thèmes abordés par cette nouvelle revue (Risques et savoirs - Devenir acteur de sa sécurité) sont ceux qui me sont chers. Mes abonnés fidèles le reconnaîtront sans peine à la lecture des articles proposés par ce premier numéro.
M. Alain Boissinot, recteur de l’académie de Versailles, rappelle dans l'éditorial :
"Jamais sans doute comme aujourd’hui les hommes n’ont été sensibles aux conséquences de leurs actions sur un monde désormais global. Jamais cette situation n’a été à ce point perçue comme un risque, donnant naissance au fameux « principe de précaution ».
Le Code de l’éducation, qui intègre l’article 5 de la loi de modernisation de la Sécurité civile, en prend acte lorsqu’il précise que « tout élève bénéficie, dans le cadre de sa scolarité obligatoire, d’une sensibilisation à la prévention des risques et aux missions des services de secours ainsi que d’un apprentissage des gestes élémentaires de premier secours ». Cette éducation à la responsabilité fait également partie du Socle commun des connaissances et des compétences. C’est pourquoi il fallait tenter de relever le défi de tenir sur ces sujets un discours à la fois pédagogique et exigeant, avec l’aide des meilleurs spécialistes."
Alain Perret, préfet, directeur de la Sécurité civile complète en rapelant les ambitions de cette revue, dans l'article « Éduquer le citoyen et lui apprendre à se protéger » :
"Risques & Savoirs est l’aboutissement d’un partenariat entre le Centre régional de documentation pédagogique (CRDP) de l’académie de Versailles et la direction de la Sécurité civile (DSC). L’intérêt de ce partenariat réside, à mon sens, dans le rapprochement avec une structure, le CRDP de l’académie de Versailles, capable d’apporter un savoir-faire pédagogique et technique très précieux pour toucher la sphère éducative, qu’il s’agisse des enseignants ou des élèves. Risques & Savoirs va ainsi nous permettre de créer un trait d’union entre deux ministères très différents mais aux compétences complémentaires puisqu’ils partagent une mission commune : éduquer le citoyen de demain et lui apprendre à se protéger face aux risques.
Enfin, l'article "Pour l’amour du risque" est consacré à ÉRIC PHILIP, expert Risques technologiques au sein du bureau des Risques majeurs (Direction de la Sécurité Civile). Ce dernier revient sur la foi qui l'anime pour forger cette nécessaire culture citoyenne de préparation aux risques :
"faire toujours plus pour former élus et citoyens, les initier à la nature des risques et aux cadres réglementaires. Pour que tous puissent faire face le jour J en toute connaissance de cause.
message : « former, informer, convaincre et développer une culture de prévention des risques et de sécurité civile ».
Pour faire évoluer la conscience du risque afin de mieux cultiver la prévention du risque, il s’adresse au public scolaire, aux fonctionnaires territoriaux, aux décideurs qui relaient l’information.
Éric Philip conclue : « Nous vivons dans une société du risque. L’information et l’éducation doivent participer à la responsabilisation du citoyen. »

Résilience des infrastructures d'importance vitale

Le site britannique UK resilience vient de mettre en ligne un projet de stratégie pour améliorer la résilience des infrastructures d'importance vitale et des services essentiels face aux risques naturels. Ce draft tient compte du RETEX des inondations de 2007. Cette stratégie serait mise en place selon une approche globale associant l'ensemble des acteurs concernés : "cross-sector programme to improve the resilience of critical infrastructure and essential services to severe disruption by natural hazards".
Ce document est intéressant pour comprendre la démarche anglo-saxonne de résilience (association et consultation des acteurs pour l'élaboration des programmes et stratégies).

Il comprend notamment une définition de la résilience :

the ability of a system or organisation to withstand and recover from adversity. As such, a resilient organisation is one that is still able to achieve its core objectives in the face of adversity through a combination of measures."

lundi 9 novembre 2009

Résilience militaire


Le site de la DGA précise :
"La résilience vise à rendre plus robustes les systèmes, les hommes et les organisations pour donner, comme il est demandé dans le Livre blanc de la Défense et de la sécurité, « la capacité aux pouvoirs publics et à la société française de répondre à une crise majeure et de rétablir rapidement leur fonctionnement normal ».
C'est l'occasion de visionner une interview de Boris Cyrulnik, qui définit simplement et en quelques mots ce concept de résilience.

dimanche 8 novembre 2009

Résilience, débat sur l'identité nationale et livre blanc sur la défense et la sécurité nationale

Dans la continuité de mon billet précédent, voici une définition de la résilience nationale, telle que le Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale (2008) la comprend. Cet extrait est une réponse de Jean-Claude MALLET, Président de la Commission du Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale lors d'un débat organisé par la FRS "Le Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale : et après ?" (p.16) :

"Une définition de la résilience est présente dans le Livre blanc. Il s’agit de la capacité des sociétés, des institutions et de l’opinion à encaisser des chocs et à rétablir un fonctionnement normal de la vie courante. La définition est donc relativement simple.
Notre constat est que le territoire et la population français (comme européens) sont exposés. Il fallait le dire. On nous a critiqués en affirmant que nous allions créer inutilement de l’anxiété, « militariser » la société civile… Nous avions dans la Commission des personnes qui avaient l’habitude de produire des analyses sociales et sociologiques. Ils ont été particulièrement utiles.
En utilisant ce terme, nous avons voulu indiquer que les pouvoirs publics devaient préparer l’opinion. Il ne s’agit pas de développer de l’anxiété mais bien de proposer une information permettant à nos concitoyens d’acquérir certains réflexes. Un nombre considérable de démocraties fonctionne de la sorte. Cette information et cette préparation aux chocs peuvent faire partie de l’organisation sociale. Ce n’est pas le cas en France.
Il convenait donc de se demander si l’appareil d’État, notamment les institutions, sont eux-mêmes organisés pour être résilients. Par ailleurs, il fallait chercher à savoir si la gestion de la communication en temps de crise était organisée. Dans ce domaine, la réaction des Londoniens après les attentats de 2005 a souvent été citée en exemple.
La résilience recouvre donc l’organisation des pouvoirs publics, la préparation des mécanismes de gestion des crises et l’ensemble du dispositif permettant d’analyser la capacité de réaction de la société.
Le renseignement est ainsi l’un des outils de la résilience. Dans les livres blancs précédents, il était défini comme une fonction majeure, sans pour autant que des développements importants ne lui soient consacrés. Nous avons préféré « mettre sur la table » un plan complet sur le renseignement. De la sorte, nous avons pu informer, afficher une politique. Nous avons fait savoir aux Français que l’État allait faire un effort dans les domaines de la connaissance et de l’anticipation.
La résilience est donc bien l’ensemble des politiques nous permettant de nous préparer aux chocs et de définir les réponses.
Bien souvent, certains se demandent s’il faut tout dire à la population, s’il ne serait pas préférable de lui cacher les éléments les plus anxiogènes. C’est un débat récurrent, même au plus haut sommet de l’État. De nombreux ministres ont répondu qu’il fallait responsabiliser les Français, en leur indiquant notamment que notre système de réaction aux crises était insuffisant par rapport aux types de risques auxquels nous sommes confrontés. L’introduction de la notion de résilience est l’un des éléments de réponse que la Commission a voulu produire à cette situation."

Débat sur l'identité nationale : quelle utilité ?

Je n'ai pas réussi à trouver dans les participations au grand débat sur l'identité nationale des écrits se positionnant sur la nécessité stratégique de retrouver une identité nationale. (je suis preneur de ce que vous auriez d'ailleurs pu lire sur ce thème).
Pour ma part, la nation doit être considérée comme un acteur stratégique (on nous répète suffisamment que les guerres se gagnent avec l'opinion publique).
Pour que cet acteur stratégique soit robuste, fiable et donc source de puissance, il faut lui donner corps et esprit, développer ce que les militaires nomment l'"esprit de corps", créer les conditions de cohésion autour d'idéaux communs.
De la qualité de cette identité commune dépendent véritablement la solidarité et la résilience de la nation face à toute catastrophe, guerre ou action terroriste.
Donc face aux risques.
Dans notre "société du risque", tout se passe comme si nos élites n'avaient que peu confiance dans la force à les suivre de la société qu'ils dirigent. Se méfiant de la faible ou inadéquate réaction de leur concitoyens, ils exagèrent le niveau des menaces, sur-réagissent et au final en traitant les risques de manière disproportionnée créent des effets induits dont les conséquences sont pires que le premier risque auquel ils devaient faire face.
Redéfinir notre identité nationale doit être compris dans une logique d'efficacité stratégique. Il y a là un véritable défi. La société du risque est véritablement une donnée de notre époque qui se manifeste par la peur de l'avenir, l'incertitude, la fébrilité et la sur-réaction. Redéfinir l'identité nationale, c'est resserrer les liens entre entre citoyens mais aussi entre le peuple et ses élites. C'est restaurer les conditions de la confiance réciproque seule à même de permettre, le jour J, les capacités de résilience.
Frank Furedi, sociologue britannique auteur de "invitation to terror" et "culture of fear" l'a très bien vu.
What is striking about the threat assessments made by political leaders is the lack of confidence they have in the resilience of their own institutions and people. (Franck Furedi, Invitation to terror, p.12)
We can now make sense of the prevailing mood of elite alarmism towards the threat of terrorism. Unable to offer a meaningful account of its own way of life, and insecure about its own authority, it cannot help but overreact to the challenge it faces. Through insecure musings about existential threats and a war without an end it expresses its worst fears about the transience of its own authority. Its reaction to the risk of terrorism may be disproportionate and likely to intensify problems.” (Franck Furedi, Invitation to terror, p.168)

dimanche 18 octobre 2009

PREPARATION DES OPERATEURS PRIVES FACE AUX CATASTROPHES : nouvelles normes édictées par le US Department of Homeland Security

La ministre américaine de la sécurité intérieure (Department of Homeland Security (DHS) Secretary) Janet Napolitano a annoncé le 15 octobre 2009 de nouveaux standards pour la préparation des opérateurs privés face aux catastrophes.

Elle a ainsi déclaré que "la préparation est une responsabilité partagée dans laquelle tout le monde (y compris les opérateurs privés, les universités et les associations) a un rôle à jouer. S'assurer que nos partenaires privés disposent des connaissances et conduisent des entraînements pour réagir face aux catastrophes permet de renfortcer nos efforts pour créer une culture nationale de préparation"

("Preparedness is a shared responsibility and everyone—including businesses, universities and non-profit organizations—has a role to play," said Secretary Napolitano. "Ensuring our private sector partners have the information and training they need to respond to disasters will strengthen our efforts to build a culture of preparedness nationwide.")

Cette notice, soumise à approbation, prévoit 3 nouvelles normes (établies en liaison avec la National Fire Protection Association, la British Standards Institution and ASIS International (American Society for Industrial Security).


Les 3 normes sont les suivantes :


1. Norme NFPA 1600 — Gestion des situations de crises et plan de continuité des activités (Standard on Disaster/ Emergency Management and Business Continuity Programs)


2. Norme BS25999— Gestion du plan de continuité des activités (Business Continuity Management)


3. Norme ASIS SPC. 1–2009— Résilience organisationnelle : prévention sécuritaire, systèmes de continuité des activités (Organizational Resilience: Security Preparedness, and Continuity Management Systems— Requirements with Guidance for Use)


1. NFPA 1600—Standard on Disaster/ Emergency Management and Business Continuity Programs, 2007 Edition. This standard establishes a common set of criteria for preparedness, disaster management, emergency management, and business continuity. NFPA 1600 specifies the management and essential elements of a preparedness program for disaster management, emergency management, and business continuity.
The particular strength of this standard is that it focuses on planning and preparation in anticipation of a disaster and does not prescribe a program development process.
2. BS25999—Business Continuity Management. This standard defines requirements for a management systems approach to business continuity, and integrates risk management disciplinesand processes. BS25999 is comprised of two parts: Part 1 dated 2006; Code of
Practice, and Part 2 dated 2007; Specification. The particular strength of this standard is that it specifically provides a management systems approach to business continuity and also integrates risk management disciplines and processes. The standard also provides the user the basis for understanding and implementing in business-to-business and business-tocustomer
dealings to reassure business resilience.
3. ASIS SPC. 1–2009—Organizational Resilience: Security Preparedness, and Continuity Management Systems— Requirements with Guidance for Use. This standard was released in 2009 and defines requirements for a management systems approach to organizational resilience. The particular strength of this standard is that it applies a management systems approach to organizational resilience. The standard encompasses an assortment of risk management mechanisms and follows a plan-do-check-act approach associated with other International Standard Organization management system based standards.


EN SAVOIR PLUS :