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dimanche 26 décembre 2010

La société de la peur

L'éditorial d'Yves Thréard (Le Figaro , 10 décembre 2010) est resté largement inaperçu dans le vacarme médiatique, qui a fait de cet événement naturel un événement insupportable voire surnaturel.
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Pourtant, cet éditorial pointe bien les défaillances de notre société de la peur, société du risque, qui ne supporte plus ni l'imprévu, ni les dysfonctionnements.
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Au lieu de renforcer les solidarités, la culture de préparation et donc la résilience, l'événement a surtout attiser la défiance et la recherche de boucs émissaires.

Dans ce climat délétère, cet éditorial est salutaire, dommage qu'il n'ait rencontré que peu d'écho !

EXTRAITS :

«Ce n'était qu'une brève tempête de neige en décembre !
Comme il peut en survenir ce mois-là. Comme nous souhaitons en voir toujours, pour nous rappeler le rythme des saisons.
Ses conséquences ont pourtant suscité l'une de ces polémiques dont nous avons le secret. Aussi ridicule que symptomatique des tares dont souffre la France d'aujourd'hui.
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Sérieusement, y avait-il des raisons de se plaindre parce que les flocons tombaient plus dru que prévu ? Parce que, pendant 24 heures, la circulation automobile était rendue impossible en quelques endroits ? Parce que certains d'entre nous n'ont pas pu rentrer chez eux comme d'habitude ?
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Avons-nous à ce point perdu le sens de l'imprévu, du risque, de la vie ?
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Voudrions-nous qu'elle soit réglée comme du papier à musique ?
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Cet épisode est révélateur de nos peurs.
Incapables que nous sommes devenus de nous prendre en charge. Ce qui n'est pas le moindre des paradoxes, à l'heure où l'individualisme domine. Immédiatement, c'est la faute de l'État. L'État protecteur, dont nous ne cessons de nous défier, mais duquel nous exigeons tout. Du gouvernement, qui n'en fait jamais assez. Qu'il fasse trop chaud ou trop froid, il a tort, il est coupable.
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Apprenons à vivre autrement que dans cette société de l'instant, du zéro défaut.
Quelques-unes de nos peurs se dissperont alors. Peut-être.»

POUR ALLER PLUS LOIN :

Mes précédents billets traitant de la peur dans notre société :

mercredi 17 mars 2010

Peurs et catastrophisme : le retour du Moyen-âge ?

Grâce au blog de l'histoire j’ai découvert cet intéressant article de Jacques Le Goff, qui m’était resté inaperçu : « Nous ne sommes plus au Moyen Age » (Le Monde du 13 mars 2010)
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Dans cet article, l’historien s’insurge contre une résurgence des peurs et angoisses qui frappaient le Moyen-âge.
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EXTRAITS :
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« Le Moyen-âge présentait des manifestations d'irrationalisme tout à fait dépassées comme la peur du Diable, la peur de l'Antéchrist, ou la peur de la fin du monde.
Or je crois voir et entendre dans la plupart des médias une renaissance de ces côtés arriérés que je croyais disparus. L'écologie, la peur du réchauffement climatique engendrent des propos producteurs de transes et de cauchemars.
Les peurs qui sont ainsi suscitées d'une façon souvent irrationnelle ont pour conséquence certaine et vérifiée qu'elles frappent encore plus les populations à l'existence difficile et précaire [...]
l'excès dans la malédiction peut aller à l'encontre de son objet [...]
Il m'est souvent arrivé de m'insurger contre les personnes parfois éminentes qui disaient "nous ne sommes plus au Moyen Age". Aujourd'hui, face à ces transes, j'ai envie de dire moi aussi : nous ne sommes plus au Moyen Age. »
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POUR ALLER PLUS LOIN :
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