Affichage des articles dont le libellé est vulnérabilité territoriale. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est vulnérabilité territoriale. Afficher tous les articles

mercredi 27 janvier 2010

Responsabilité des maires : méthode globale d’analyse des risques sur les territoires et 100ème numéro du JAC (journal des accidents et catastrophes)

Le JAC (journal des accidents et catastrophes) existe depuis 10 ans et fête son 100ème numéro avec la publication de janvier.
C'est l'occasion de vous rappeler l'existence de ce site de grande qualité sur la gestion des risques et catastrophes et aussi de vous signaler une remarquable étude :

Risques et territoires ;
Plaidoyer pour une méthode globale d’analyse des risques


"De nos jours les collectivités territoriales sont confrontées à un panel de risques très divers et les possibles effets dominos sont avérés. La réalisation de ces risques est source de responsabilité notamment lorsqu’aucune action préventive et/ou corrective n’a été mise en place par les élus locaux. Ces derniers ont rarement la maîtrise des risques existants sur leur territoire de compétence car ils n’ont pas reçu de formations les sensibilisant à la question lors de leur prise de fonction.

Aujourd’hui, le territoire communal est bien trop morcelé de par les regroupements intercommunaux pour que le maire soit en mesure d’identifier tous les risques qui impactent son territoire.
En guise de plaidoyer pour la défense d’une méthode globale d’analyse des risques, nous invitons le législateur à donner à l’autorité compétente sur un territoire la possibilité de prendre une mesure de police dans un contexte éclairé.
Autrement dit, il s’agit de déployer le pouvoir de police à l’égard d’autorités formées à la prévention et la gestion des risques.

Dès lors et en l’état actuel de la législation, la présentation de la méthode suppose de s’interroger
préalablement sur la définition d’un territoire pertinent d’analyse des risques (I) avant de s’intéresser à l’analyse des risques proprement dite et à ses conséquences (II). En effet, la méthode s’appuie sur une étude systémique du territoire, reposant sur les différents éléments de ce système, leurs fonctions et les relations qui les lient. Cette étude préliminaire indispensable permet d’obtenir une connaissance approfondie de la dynamique propre au territoire et des enjeux associés. A partir de cette analyse, des grilles d’inventaire des sources de dangers présentes sur le territoire sont élaborées et permettent de construire des scénarii d’accidents. Le but est que ces grilles soient utilisées par les élus locaux pour une meilleure maîtrise des risques de nature à limiter in fine la mise en jeu des mécanismes de responsabilité.
Bonne lecture !
Mes autres billets sur le JAC :

samedi 30 mai 2009

L’Etat face à la gestion des risques naturels : feux de forêt et inondations


« L’urbanisation devrait se poursuivre en France, renforçant la vulnérabilité aux catastrophes naturelles et leurs conséquences financières »

Le rapport de la Cour des comptes publié en février 2009, comprend une partie consacrée à la gestion des risques naturels ("L’Etat face à la gestion des risques naturels : feux de forêt et inondations"). Ce rapport, qui n’a pas bénéficié de beaucoup d’écho, pointe de nombreuses lacunes et émet les recommandations à même d’y remédier. Prenant acte de la conjugaison de trois facteurs aggravant la vulnérabilité face aux risques naturels (changement climatique, urbanisation, sensibilité de la société aux risques) le rapport insiste sur le fait que l’absence de catastrophe naturelle majeure dans les domaines des feux de forêt et inondations ne doit pas conduire à un relâchement des efforts de gestion des risques. Enfin, le rapport remarque justement que l’efficacité des indemnisations consécutives aux catastrophes n’incite pas à mettre en place une prévention adaptée. Il vaudrait mieux sanctionner les manquements à la règlementation et adapter les primes d’assurances pour inciter à un meilleur respect des mesures de prévention.

Parmi les intéressantes conclusions de ce rapport, retenons :
« L’efficacité des actions visant à protéger les personnes et les biens est une question d’importance croissante ;
le rôle de l’Etat demeure primordial pour édicter des normes de prévention, conformément à sa mission de garant du long terme et de l’intérêt général ;
L’ampleur et la portée des menaces sont fortes. L’absence de sinistre majeur depuis le milieu de la présente décennie ne saurait conduire l’Etat à relâcher l’effort de prévention des risques et de préparation aux crises, dont le coût est sans commune mesure avec celui d’une catastrophe naturelle majeure ;
l’efficacité des dépenses publiques consacrées à la gestion de ces risques pourrait être améliorée ;
subsistent plusieurs insuffisances auxquelles il conviendrait de remédier : le caractère incomplet et tardif de l’exploitation des « retours d'expérience » à la suite d’événements exceptionnels, le trop lent établissement des plans de prévention des risques naturels, le défaut de vigilance sur le respect de ces plans par les documents d’urbanisme, les modalités de diffusion de l’alerte ;
les dispositifs d’indemnisation et de réparation, que ce soit le régime « CatNat », les assurances ou les crédits de reconstruction, n’incitent pas suffisamment à la prévention.
Aménager la tarification de primes d’assurance afin de lui faire jouer un rôle incitatif à la prévention plus important ;
Davantage réprimer les contraventions aux prescriptions des documents de planification et d’urbanisme en matière de prévention des risques. »

Le rapport : http://www.ccomptes.fr/fr/CC/documents/RPA/25-gestion-risques-naturels-feux-inondations.pdf

La vulnérabilité territoriale : une nouvelle approche des risques en milieu urbain


A lire sur cybergeo, "revue européenne de géographie" : "La vulnérabilité territoriale : une nouvelle approche des risques en milieu urbain".

Il s'agit d'un exemple d'analyse de vulnérabilité territoriale appliqué à QUITO, capitale de l'Equateur. cet article fait partie du dossier Vulnérabilités urbaines au sud : http://www.cybergeo.eu/index22089.html


Rappelons que le Master Gestion Globale des Risques et des Crises de l’Université Paris Panthéon Sorbonne et la Brigade de Sapeurs Pompiers de Paris organisent conjointement un colloque sur les risques urbains en octobre 2009 à la Bibliothèque Nationale de France.

(voir mon post : http://gestiondesrisquesetcrises.blogspot.com/2009/04/colloque-sur-les-risques-urbains.html). Gageons que ce concept de vulnérabilité territoriale sera repris lors du colloque.


Résumé :

L’analyse de vulnérabilité territoriale vise à identifier, caractériser et hiérarchiser les espaces à partir desquels se crée et se diffuse la vulnérabilité au sein d’un territoire. Les politiques de prévention des risques doivent considérer en priorité ces espaces dans la mesure où ils peuvent perturber, compromettre, voire interrompre le fonctionnement et le développement du territoire.L’approche a été développée dans le cadre du programme de recherche « Système d’Information et Risques dans le district métropolitain de Quito », mené entre 1999 et 2004 par l’IRD et la Municipalité de Quito. L’article vise à expliciter cette approche, fondée sur l’identification des enjeux majeurs du territoire et l’analyse de leur vulnérabilité, ainsi que la démarche méthodologique permettant de déboucher sur la cartographie de la vulnérabilité territoriale à Quito.