Affichage des articles dont le libellé est risque sismique. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est risque sismique. Afficher tous les articles

dimanche 7 février 2010

IRAN : un pays à hauts risques face aux défis de la sécurité sismique

(La citadelle de Bam après le tremblement de terre, copyright http://www.teheran.ir/)
-
La Revue de Téhéran, (« Mensuel iranien consacré à la culture et aux traditions iraniennes en langue française, créé en octobre 2005, à l’heure actuelle le seul magazine iranien en langue française ») consacre son cahier du mois aux risques sismiques en Iran.

C’est l’occasion de découvrir cette revue et de lire les intéressants articles suivants :

Le tremblement de terre de Téhéran aura-t-il lieu ?
« Le tremblement de terre de degré 4 sur l’échelle de Richter survenu à Téhéran le 17 octobre 2009 a prouvé que les failles des alentours de la capitale sont actives et a ravivé les angoisses ses habitants ; ils savent qu’un grand tremblement de terre peut survenir dans leur ville à chaque instant, et que bon nombre des constructions ne résisteront pas aux violentes secousses. »
-
Le tremblement de terre de Bam, retour sur un triste bilan
« Le 26 décembre 2003, un tremblement de terre de 6,5 sur l’échelle de Richter rasa entièrement, en l’espace de sept minutes, la ville iranienne de Bam, ôtant la vie à 30 000 personnes. Triste cerise sur le gâteau, cette tragédie fut aggravée par la destruction de la grande citadelle de Bam, vieille de 2700 ans. »
-
La sismologie iranienne vue par deux experts français, Entretien avec Jean-Paul Montagner et Denis Hatzfeld
« Au Japon, dès qu’un tremblement de terre est détecté, les compagnies de gaz et d’électricité coupent automatiquement tous les circuits pour éviter les accidents. Le niveau technologique en Iran est beaucoup plus basique et n’en est pas encore au stade où les coupures des fluides sont automatiques.
L’important séisme de Kobé de 1995, qui a occasionné des dégâts considérables, a été un choc psychologique pour les Japonais qui pensaient être à la pointe de la surveillance et de la prévention. Ils se sont alors rendu compte que leur système d’alerte et de secours était en fait extrêmement fragile car mal organisé et mal coordonné. Les approximations de la chaîne de l’information ont fait perdre du temps aux secours. Depuis ils ont tout mis en œuvre pour que la catastrophe de Kobé ne se reproduise pas. »
-
La citadelle de Bam demeurera éternelle
« Le 26 décembre 2003, à 5 h 28 du matin, la terre a tremblé avec une violence extrême dans la ville historique de Bam qui se trouve à environ 1000 kilomètres au sud-est de Téhéran. La citadelle de Bam (Arg-e Bam) fut presque complètement détruite par ce séisme »
-
Tremblement de terre et littérature
« Le célèbre « Poème sur le désastre de Lisbonne » de Voltaire est à ce titre exemplaire. Le premier novembre 1755, le tremblement de terre de Lisbonne avec ses trente mille morts provoque un choc considérable. Cet événement touche profondément la sensibilité philosophique et humaniste du XVIIIe siècle et Voltaire, en particulier, restera obsédé par cette catastrophe. »
« Si Ghatrân Tabrizi, poète persan de Ve siècle de l’Hégire (Xe siècle), n’avait pas entrepris d’exprimer sous forme de vers émouvants, les détails du tremblement de terre survenu à Tabriz à l’époque, nous n’aurions pas disposé d’informations sur cet évènement qui serait sans doute tombé dans l’oubli. »

jeudi 28 janvier 2010

Le Pentagone et Haiti

"Personne d'autre que les Etats-Unis ne peut fournir une telle assistance et nous sommes heureux de le faire.
Cela montre au monde de manière évidente que
nos forces armées n'ont pas qu'un rôle militaire ;
nous sommes aussi présents pour le bien de l'humanité et pour apporter assistance partout dans le monde à ceux qui en ont besoin."
("No one can provide the kinds of assistance we can, and we are happy to be doing it," he said. "It shows the world that obviously we are not a one-dimensional force; we are a force for good and try to provide assistance to those who need it around the world.")
Comme je vous le faisais reparquer dans mon billet du dimanche 24 janvier 2010 HAITI : POUR UNE FORCE DE REACTION HUMANITAIRE EUROPEENNE, en m'appuyant sur les propos d'Alain Frachon dans Le Monde ("seule l'armée américaine peut déplacer en 48 heures 10 000 hommes et leur matériel"), l’intervention américaine en Haiti permet de justifier l’intérêt d’avoir un outil militaire gigantesque. Seule cette giga-puissance est capable de déployer autant de moyens et autant d’hommes aussi rapidement. Eux seuls ont les capacités d’envoyer un porte-avions, un navire-hôpital et de prendre le contrôle technique d’un aéroport pour le rendre à nouveau fonctionnel.
Cette opération en Haiti permet au Pentagone de montrer ses capacités incontournables et uniques. L'armée américaine prévoit de rester 6 mois avant de laisser la main à d'autres organisations.
Le blog THE TENSION dans Pentagon: Administration Mulls Military Role in Haiti Beyond Relief rapporte les propos du service de communication du Pentagone :
"News in Balance:WASHINGTON, Jan. 27, 2010
"The U.S. government still is figuring out the details of American assistance in Haiti, Pentagon Press Secretary Geoff Morrell said here today, noting that Defense Secretary Robert M. Gates and President Barack Obama discussed the issue yesterday.
"I think that everybody would say by now that the aid is flowing in a very productive and helpful fashion," Morrell told Pentagon reporters. "But the question now becomes, now that this immediate relief has been provided, what do we want to do from here? What can we do from here?"Morrell characterized security in Haiti as "stable, but fragile," saying groups displaying unrest are a reflection that aid distribution is an ongoing challenge."We have to be mindful of the security climate there," he said. "We have to provide the kind of security that will facilitate a safe, secure flow of food, water, medicine, whatever it may be to the population."Morrell estimated that U.S. relief efforts to date have cost hundreds of millions of dollars, and said thousands of additional forces are in the pipeline to be sent to Haiti."So we envision that there will be a role for the United States military for some time to come in Haiti," he said, adding that the United States is honored to carry out a relief mission in a country it's uniquely positioned to help."No one can provide the kinds of assistance we can, and we are happy to be doing it," he said. "It shows the world that obviously we are not a one-dimensional force; we are a force for good and try to provide assistance to those who need it around the world."U.S. military assistance in Haiti likely is to continue for three to six months before yielding to international and non-government groups as they take on greater responsibility for the massive humanitarian relief effort there, the director of Defense Logistics Agency said yesterday."I think there's a commitment to continue to provide support and stay engaged until other organizations can take over the role," Navy Vice Adm. Alan Thompson told the Defense Writers Group."My sense would be that probably in the three- to six-month time period would be when there would be efforts to try to transition some of the support," the admiral said.
(Report by John J. Kruzel, American Forces Press Service.)"

dimanche 24 janvier 2010

HAITI : POUR UNE FORCE DE REACTION HUMANITAIRE EUROPEENNE


La création d'une force européenne de protection civile permettrait de donner un signal fort de l’Europe-puissance, qui se cherche encore.
Elle permettrait aussi de maintenir les efforts de Défense européens à un niveau de juste suffisance. Car, au-delà de toutes les autres justifications, l’intervention américaine en Haiti permet de justifier l’intérêt d’avoir un outil militaire gigantesque. Seule cette giga-puissance est capable de déployer autant de moyens et autant d’hommes aussi rapidement. Comme le note Alain Frachon dans Le Monde,
« seule l'armée américaine peut déplacer en 48 heures 10 000 hommes et leur matériel ». Eux seuls ont les capacités d’envoyer un porte-avions, un navire-hôpital et de prendre le contrôle technique d’un aéroport pour le rendre à nouveau fonctionnel.

ET L’EUROPE ?

« Puissance économique, l'Europe reste un nain militaire. » (Alain Frachon)

L'Europe paye. Ainsi, l'UE devrait consacrer près de 450 millions d'euros à Haïti. Mais, sur le terrain, l’origine des fonds ne se voit pas. Ce qui se voit, ce sont les avions, le porte-avions, les soldats US. Ce qui se voit, c’est que l’Europe n’est pas capable de générer des moyens militaires rivalisant avec ceux des Etats-Unis.
Pourtant, comme le rappelle Alain Frachon, le budget militaire de l’UE équivaut à la moitié de celui des Etats-Unis. Or, notre gap logitique vis-à-vis de cette giga-puissance n’est pas un défaut de capacités de moitié inférieur, mais de l’ordre du dixième, voire plus…

En 2006, Michel Barnier proposait un projet d’une force européenne de protection civile baptisée « EuropAid », résultat d’une solide expérience de ces situations de crises :
  • En tant que ministre de l’environnement et de la prévention des risques naturels
  • En tant que commissaire européen lors des séismes en Turquie et en Grèce
  • En tant que ministre français des Affaires étrangères lors du tsunami de 2004.

Pour faire face à une crise, il faut avoir su préparer la réponse en amont. Le rapport Barnier proposait donc :

  • La création d’un centre opérationnel de veille et de réponse aux crises permanent
  • La mise en commun de matériels et d’hommes prépositionnés regropupés dans une force européenne de sécurité civile dénommée « Europaid ».

UNE OPPORTUNITE EUROPEENNE

Le général Bentegeat, qui a présidé le comité militaire de l’UE pendant 3 ans, plaide pour la création d’un centre de commandement civilo-militaire à Bruxelles, qui regrouperait les deux volets de la politique de sécurité et de défense (PESD).
L’Europe, à la différence de l’OTAN, dispose d’expérience et de capacités pour gérer les crises sur tout leur spectre, depuis le militaire jusqu’au civil. Ces capacités sont reconnues et appréciées par la communauté internationale.
Créer une capacité permanente et robuste de réponse aux catastrophes humanitaires permettrait d’étendre les compétences et la puissance européennes.
Si le consensus est parfois difficile à trouver pour d’autres projets. Le peu d’enthousiasme des Européens à bâtir une force de protection civile européenne ne s’explique pas.

AVANT LES CASQUES ROUGES, UNISSONS LES EFFORTS EUROPEENS
Nicole Guedj plaide pour la création de « casques rouges » , qui seraient, pour l’humanitaire, l’équivalent de nos casques bleus. Avant d’en arriver à cette ultime étape, l’échelon européen paraît pertinent. En effet, cette réponse commune nécessite des procédures normalisées. Une telle coordination sera déjà difficile à 27. Mais certainement moins qu’à 192...

Voir aussi :
projet d’une force européenne de protection civile baptisée « EuropAid »

Sur le blog Bruxelles 2 :
Séisme à Haïti: y-a-t il un pilote dans l'avion européen ? (Par Nicolas Gros-Verheyde Mercredi 20 janvier 2010)
Une cellule de l'UE pour coordonner l'aide logistique à Haïti (Par Nicolas Gros-Verheyde - Vendredi 22 janvier 20105/20:05)
Vers une mission européenne de sécurisation à Haiti ? (Par Nicolas Gros-Verheyde - Jeudi 21 janvier 2010)

Egeablog : De la puissance humanitaire : une vocation européenne ?

« Défense en ligne » sur les Les blogs du Diplo : Un rêve d’Europ Aid, vendredi 15 janvier 2010, par Philippe Leymarie

Mon billet du samedi 16 janvier 2010 : Haiti : la communauté internationale était-elle préparée ?

samedi 16 janvier 2010

Haiti : la communauté internationale était-elle préparée ?

Alors que les images et l'émotion envahissent nos écrans,
je souhaite aborder cet événement sous l'angle de la préparation :
Quel était le degré de préparation
des organisations internationales présentes en Haiti
face à un séisme dont l'inéluctabilité était annoncée ?
Je n'ai pas (encore) réussi à trouver de réponses à des questions qu'il faudra pourtant bien se poser :
  • la MINUSTAH avait-elle organisé des exercices face à un tel événement et quels étaient les enseignements et préconisations retenus ?
  • le "Plan international de préparation et de réponse aux désastres naturels - 2007" note laconiquement : "En 2006, un exercice de leçons apprises avait été initié par OCHA au sein de la communauté internationale, dont la participation n’a pas été très active."
  • comment se fait-il que les bâtiments officiels des pays occidentaux se soient également révélés vulnérables : les pays occidentaux ont-ils laissé construire leurs bâtiments sans tenir compte de normes sismiques ? Ils ne pouvaient pourtant pas ignorer ce risque. Je comprends, étant donné la pauvreté de ce pays, que les constructions appartenant aux haitiens n'aient pas respecté les normes. Ce que je comprends moins, c'est que les bâtiments de l'ONU et des pays occidentaux n'aient pas (semble-t-il) respecté les normes anti-sismiques.
  • un article du Guardian note avec à-propos : "Wouldn't it have been a wonderful symbol if the UN building in Haiti had been properly built or retrofitted to resist earthquakes"

Après l'émotion, il faudra donc également tirer les enseignements sur la manière dont les organisations et communautés internationales présentes en Haiti s'étaient préparées face à une telle catastrophe. Au cours des premiers débats parlementaires (voir la Séance du 14 janvier 2010 au sénat - compte rendu intégral des débats - séisme à Haïti ) cette question n'a pas été abordée, souhaitons qu'elle le soit prochainement...

UNE CATASTROPHE ANNONCEE :

Le scénario était, inéluctablement, écrit :

  • 1751 et 1771 : Port-au-Prince est totalement détruite par un séisme.
  • 1842 : destruction de Cap-Haïtien
  • 1887 et 1904 : séismes dans le nord du pays avec dégâts majeurs à Port-de-Paix et Cap-Haïtien
  • 1946 : séisme dans le nord-est de la République dominicaine accompagné d’un tsunami dans la région de Nagua.

"Le séisme majeur survenu mardi en Haïti n’a pas surpris les spécialistes. La presqu’île où est construite la capitale, Port-au-Prince, est en effet traversée par «des failles capables de séismes de magnitude 7,1 à 8», expliquait le Pr Eric Calais, lors d’un cours de géologie donné… en Haïti en 2002." (Libération : Haïti, après le séisme 14/01/2010)

«Toutes les conditions sont réunies pour qu’un séisme majeur se produise à Port-au-Prince. Les habitants de la capitale haïtienne doivent s’y préparer. Cette catastrophe finira, tôt ou tard, par arriver.» (interview de Patrick Charles, ancien professeur à l’Institut de géologie appliquée à La Havane, accordée au quotidien haïtien Le Matin en 2008).

Pour aller plus loin :

Site Catnat.net : Haïti, archétype du pays vulnérable aux catastrophes naturelles

Tribune de Genève : Chronique d’une catastrophe annoncée

Libération : Haïti, après le séisme 14/01/2010

Courrier international : Chronique d'un séisme annoncé : "Plusieurs journaux haïtiens avaient publié ces derniers mois des articles mettant en garde contre un prochain séisme de grande ampleur. Tous déploraient l'absence de mesures préventives destinées à aider la population."

guardian.co.uk : The Haiti quake must not be dismissed as an 'act of God' : After taking care of the victims in Haiti, we should approach the people who allowed hospitals and schools to be constructed in ways that would collapse during an earthquake and ask them to do better, starting now. Wouldn't it have been a wonderful symbol if the UN building in Haiti had been properly built or retrofitted to resist earthquakes, and we could all observe it standing now? That could have taught many people the life lesson that we can plan for and mitigate against natural hazards.

Plan international de préparation et de réponse aux désastres naturels - 2007 En appui au Système national de gestion des risques et désastres : "En 2006, un exercice de leçons apprises avait été initié par OCHA au sein de la communauté internationale, dont la participation n’a pas été très active."