dimanche 31 mai 2009

LA CITATION DU JOUR, POUR UNE VERITABLE CULTURE CITOYENNE DE PREPARATION AUX RISQUES

pour chaque dollar dépensé en préparation

vous économisez 9 dollars

lors de la réponse des secours

"Je suis persuadé que pour chaque dollar dépensé en préparation vous économisez 9 dollars lors de la réponse des secours. Forger une véritable culture de préparation est le meilleur moyen de réduire les risques de catastrophes" (« Creating a Culture of Preparedness is the Best Hope for Disaster Mitigation »).

Au cours d’une conférence donnée à la mi-mai 2009, le general Honore, chef de la task force Katrina chargée de coordonner les efforts militaires lors de l’ouragan Katrina (responsable de plus de 1800 morts) a appelé de ses vœux la création d’une véritable culture citoyenne de préparation face aux risques.

Il a ainsi noté qu’en comparaison avec Katrina, l’ouragan Ike a fait moins de 30 morts parce que la population a été prévenue et a su évacuer en avance.

"Si vous preniez un peu de votre temps pour vous préparer, comme vous le faites pour la saison de football ou celle de la chasse, vous seriez sain et sauf. Achetez–vous un générateur, des bâches, de l’eau en bouteilles, une radio d’alertes météo («weather radio »), ayez toujours de l’argent liquide disponible, …, la plupart des gens sont prêts à le faire, mais ce n’est pas dans leur mentalité de se préparer au pire (« it’s not in their mindset to be prepared »)."
Le général déclara finalement à l’auditoire qu’ils s’apercevraient que la culture de préparation aux risques est vraiment en marche lorsque pour la fête des Pères les enfants offriront à leurs pères un kit d’évacuation d’urgence («evacuation pack», constitué de tout le nécessaire pour survivre 72 heures).
A lire sur sur le site de Emergency Management News : http://www.govtech.com/em/articles/690367

LA GUERRE EST DECLAREE CONTRE LA GRIPPE A

L’article du Journal du Dimanche (« Le plan secret contre la grippe A », 30 Mai 2009) appelle plusieurs commentaires. Résumons d’abord son propos :
Pour faire face au retour du virus à l’automne, l’Etat se prépare à appliquer la vaccination obligatoire de tous les Français. 100 millions de doses seraient donc achetées. Pour un coût d’environ 1 milliard d’euros. L’Etat tire les enseignements de la grippe Espagnole de 1918 (« la grippe espagnole avait marqué le pas au printemps avant de revenir à l'automne, tuant 40 millions de personnes ») et surtout des « traumatismes laissés par plusieurs crises sanitaires successives, du sang contaminé à la canicule en passant par la vache folle, [qui] ont rendu les politiques d'une très grande prudence ».

Commentaires :
Pour l’instant, la grippe A aurait fait 100 morts, 15 000 malades. Ce qui, comparé aux 300 000 morts annuels dus à la grippe « normale », reste à relativiser (voir sur le site de l’OMS : http://www.who.int/mediacentre/factsheets/fs211/fr/index.html ).
Si un tel « plan de bataille » se met en place, on risque de développer dans la population le sentiment que c’est à l’Etat de tout faire et que, puisque le vaccin existe il ne se passera rien.
Mais, si le virus mute encore en une forme rétive au vaccin, comment l’Etat l’expliquera-t-il ?
C’est exactement le même schéma qui se met en place que celui concernant les dispositifs d’indemnisations suite aux inondations : pourquoi le citoyen ferait acte de prudence puisque l’Etat sera toujours là ? (cf mon post : http://gestiondesrisquesetcrises.blogspot.com/2009/05/letat-face-la-gestion-des-risques.html ).
Au regard du droit, peut-on obliger tout le monde à se faire vacciner ?
Certains termes utilisés dans l’article sont caractéristiques des excès de triomphalisme générateurs de défaites lorsque la crise survient (ceci est parfaitement décrit par Patrick Lagadec, voir par exemple mon post sur Three Mile Island : http://gestiondesrisquesetcrises.blogspot.com/2009/03/laccident-de-three-mile-island.html). Ainsi peut-on lire : « plan de bataille ; pied de guerre ; nous serons prêts ; nous avons mis en place un groupe d'experts ; nous étions déjà les mieux préparés à une pandémie de grippe aviaire ; la France a une tradition centralisatrice qui facilite la mise en place d'un système de prévention efficace ».
Mais que se passera-t-il si la guerre ne se déroule pas selon le plan prévu ou si, comme le dirait Patrick Lagadec, « la crise passe par les Ardennes ».
D’autre part, l’Etat prévoit de communiquer pour préparer la vaccination automnale. Peut-on raisonnablement espérer que la population sera réceptive à ce sujet en plein été ?
En définitive, les débats sur la pandémie grippale sont caractéristiques de la Société du risque décrite par Ulrich Beck, notamment quant à la sensibilité exacerbée face aux risques. Prenons garde qu’une confiance excessive et un recours passif à l’Etat ne soit pas générateurs d’effets boomerang, quand la crise non prévue surviendra.
Cette préparation sérieuse face au retour de la grippe A a donc le mérite d’exister, mais l’éducation du citoyen, premier acteur de la crise, doit demeurer le principal objectif avant même d’avoir les meilleurs experts en la matière.

L’article du JDD : http://www.lejdd.fr/cmc/societe/200922/le-plan-secret-contre-la-grippe-a_213201.html

samedi 30 mai 2009

L'ENA s'associe au CELSA


Les énarques et la communication, un mariage impossible?


En janvier 2009, l'ENA a conclu un partenariat avec le CELSA. Ce partenariat fait partie de la politique d'ouverture de l'Ecole. Le mastère en gestion des risques sur les territoires (http://www.ena.fr/index.php?page=formation/fp/master-risques) s'inscrit pleinement dans cette logique d'ouverture.


2 mois et déjà 1500 visites !

2 mois d'existence, 3 semaines d'absence dont je ne suis pas fier (mais SD va m'apprendre à publier en différé, :-) !!! ), malgré tout 25 messages et surtout 1500 visites avec déjà des visiteurs fidèles et une publicité dans la blogosphère et sur le net (http://www.cafepedagogique.net/lesdossiers/Pages/2009/Grippe05.aspx).

Je viens de recevoir le dernier numéro de Crisis response journal (http://www.crisisresponsejournal.com/NextIssue.aspx?id=484) ce qui devrait me permettre d'alimenter convenablement mon blog.
Mon mémoire de mastère est en cours de validation, dès qu'il sera validé, je vous en livrerai les éléments essentiels.
Merci de votre fidélité !
PM

L’Etat face à la gestion des risques naturels : feux de forêt et inondations


« L’urbanisation devrait se poursuivre en France, renforçant la vulnérabilité aux catastrophes naturelles et leurs conséquences financières »

Le rapport de la Cour des comptes publié en février 2009, comprend une partie consacrée à la gestion des risques naturels ("L’Etat face à la gestion des risques naturels : feux de forêt et inondations"). Ce rapport, qui n’a pas bénéficié de beaucoup d’écho, pointe de nombreuses lacunes et émet les recommandations à même d’y remédier. Prenant acte de la conjugaison de trois facteurs aggravant la vulnérabilité face aux risques naturels (changement climatique, urbanisation, sensibilité de la société aux risques) le rapport insiste sur le fait que l’absence de catastrophe naturelle majeure dans les domaines des feux de forêt et inondations ne doit pas conduire à un relâchement des efforts de gestion des risques. Enfin, le rapport remarque justement que l’efficacité des indemnisations consécutives aux catastrophes n’incite pas à mettre en place une prévention adaptée. Il vaudrait mieux sanctionner les manquements à la règlementation et adapter les primes d’assurances pour inciter à un meilleur respect des mesures de prévention.

Parmi les intéressantes conclusions de ce rapport, retenons :
« L’efficacité des actions visant à protéger les personnes et les biens est une question d’importance croissante ;
le rôle de l’Etat demeure primordial pour édicter des normes de prévention, conformément à sa mission de garant du long terme et de l’intérêt général ;
L’ampleur et la portée des menaces sont fortes. L’absence de sinistre majeur depuis le milieu de la présente décennie ne saurait conduire l’Etat à relâcher l’effort de prévention des risques et de préparation aux crises, dont le coût est sans commune mesure avec celui d’une catastrophe naturelle majeure ;
l’efficacité des dépenses publiques consacrées à la gestion de ces risques pourrait être améliorée ;
subsistent plusieurs insuffisances auxquelles il conviendrait de remédier : le caractère incomplet et tardif de l’exploitation des « retours d'expérience » à la suite d’événements exceptionnels, le trop lent établissement des plans de prévention des risques naturels, le défaut de vigilance sur le respect de ces plans par les documents d’urbanisme, les modalités de diffusion de l’alerte ;
les dispositifs d’indemnisation et de réparation, que ce soit le régime « CatNat », les assurances ou les crédits de reconstruction, n’incitent pas suffisamment à la prévention.
Aménager la tarification de primes d’assurance afin de lui faire jouer un rôle incitatif à la prévention plus important ;
Davantage réprimer les contraventions aux prescriptions des documents de planification et d’urbanisme en matière de prévention des risques. »

Le rapport : http://www.ccomptes.fr/fr/CC/documents/RPA/25-gestion-risques-naturels-feux-inondations.pdf

La vulnérabilité territoriale : une nouvelle approche des risques en milieu urbain


A lire sur cybergeo, "revue européenne de géographie" : "La vulnérabilité territoriale : une nouvelle approche des risques en milieu urbain".

Il s'agit d'un exemple d'analyse de vulnérabilité territoriale appliqué à QUITO, capitale de l'Equateur. cet article fait partie du dossier Vulnérabilités urbaines au sud : http://www.cybergeo.eu/index22089.html


Rappelons que le Master Gestion Globale des Risques et des Crises de l’Université Paris Panthéon Sorbonne et la Brigade de Sapeurs Pompiers de Paris organisent conjointement un colloque sur les risques urbains en octobre 2009 à la Bibliothèque Nationale de France.

(voir mon post : http://gestiondesrisquesetcrises.blogspot.com/2009/04/colloque-sur-les-risques-urbains.html). Gageons que ce concept de vulnérabilité territoriale sera repris lors du colloque.


Résumé :

L’analyse de vulnérabilité territoriale vise à identifier, caractériser et hiérarchiser les espaces à partir desquels se crée et se diffuse la vulnérabilité au sein d’un territoire. Les politiques de prévention des risques doivent considérer en priorité ces espaces dans la mesure où ils peuvent perturber, compromettre, voire interrompre le fonctionnement et le développement du territoire.L’approche a été développée dans le cadre du programme de recherche « Système d’Information et Risques dans le district métropolitain de Quito », mené entre 1999 et 2004 par l’IRD et la Municipalité de Quito. L’article vise à expliciter cette approche, fondée sur l’identification des enjeux majeurs du territoire et l’analyse de leur vulnérabilité, ainsi que la démarche méthodologique permettant de déboucher sur la cartographie de la vulnérabilité territoriale à Quito.



jeudi 28 mai 2009

RISQUES DE PIRATERIE


en complément de mon post d'hier, je lis dans le Figaro d'aujourd'hui :


"les commandants de la marine marchande ont appris à ruser. Suivant les recommandations du document des organisations professionnelles, beaucoup s'en sont tirés en évoluant en zigzag, en posant des barbelés aux endroits les plus propices à l'abordage ou en installant des mannequins sur les ponts, pour donner l'impression d'une force importante à bord.
[...] le marché des mercenaires est en hausse. Les armateurs les plus puissants engagent des anciens des SAS ou de l'armée israélienne...."




mercredi 27 mai 2009

compagnies de sécurités privées contre piraterie : réduction ou augmentation des risques ?


Dans un communiqué publié le 14 mai 2009 et repris par la revue Mer et Marine, Armateurs de France s’oppose à l’embarquement d'équipes de sécurité armées sur les navires marchands et « rappelle que l’emport de milices privées à bord des navires marchands est contraire aux recommandations internationales, aux principes fondamentaux du droit et à la plupart des législations nationales. Cette présence est incompatible avec la sécurité des équipages, elle entraverait le bon déroulement des dispositifs militaires et généreraient un risque évident d’escalade de la violence. »

Malgré le renforcement des moyens militaires, les attaques de pirates ont diminué, mais n'ont pas cessé. Certaines compagnies ont donc opté pour l'embarquement d'équipes armées. Pour Armateurs de France, l'embarquement de sociétés de sécurité privées pose 4 problèmes :
- Respect du droit ;
- Sécurité de l’équipage ;
- Entrave au bon déroulement des dispositifs militaires ;
- Escalade de la violence.
Armateurs de France déclare également recevoir le soutien de Matignon sur cette position en citant un courrier du premier Ministre de janvier 2009 : « Il n'est pas souhaitable d'encourager les navires marchands battant pavillon français à l'embarquement de moyens privés de protection ».

Pourtant, récemment, l'attaque de pirates contre le MSC Melody (navire de croisière) a été mise en échec par les forces de sécurité du navire.

Il s’agit donc de savoir si les militaires ont réellement la capacité d’assurer la sécurité de tous les navires et si cette sécurité relève uniquement d’une mission régalienne.

A lire :
Le communiqué : http://www.armateursdefrance.org/InfoMail/?id=COM0928&a=gld1i9u9p1
L’article de Mer et Marine : http://www.meretmarine.com/article.cfm?id=110251
9 articles très intéressants traitant de piraterie sur le blog de SD : http://pourconvaincre.blogspot.com/search/label/piraterie

mardi 26 mai 2009

La Société du risque sur canal-U TV

La Société du risque sur canal-U TV

Pour en savoir plus sur les théories d’Ulrich Beck et tout ce qui concerne la société du risque, je vous recommande ces deux émissions réalisées par canal-U TV :

La Société du risque. Risque et Politique
En 1986, le sociologue allemand, Ulrich Beck publie un livre sur la " société du risque " et remporte un grand succès. Son livre n'est pas un manifeste écologique, ni une dénonciation de la multiplication des risques technologiques caractérisant la société contemporaine, mais plutôt une interrogation sur les caractéristiques d'une société considérant tous ses problèmes comme des risques, faisant du risque le principe de ses valeurs. Ainsi Ulrich Beck montre que la question du risque est au cœur de la politique moderne. Le risque est au cœur du contrat de solidarité qui représente la forme du contrat social pour le XXe siècle industrialisé. Il est aujourd'hui au centre d'un débat en raison même de la transformation dans la nature des risques sociaux : maladie, retraite, chômage. D'où la recherche de formes de protections alternatives qui caractériseront sans doute le XXIe siècle. Une autre forme de politisation par le risque est apparue dans les années 1970 avec la montée de la conscience écologique. Les grands risques technologiques (le nucléaire en particulier), les catastrophes industrielles, les interrogations sur les évolutions du climat, la montée des risques sanitaires (transfusion sanguine), alimentation (vache folle) ont conduit les États à définir une nouvelle politique du risque liée à la notion de " principe de précaution ". Elle porte sans doute avec elle la naissance d'une nouvelle organisation de l'État dans ses fonctions de sécurité. En son cœur, à la fois la question du savoir - à travers le problème de l'expertise - dans les procédures qui conduisent à décider que tel ou tel risque est acceptable.

http://www.canal-u.tv/producteurs/universite_de_tous_les_savoirs/dossier_programmes/les_conferences_de_l_annee_2000/la_societe_du_risque_et_de_l_extreme/la_societe_du_risque_risque_et_politique

La société du risque ?
Pour de nombreux théoriciens, comme pour la presse, le risque constitue une alternative plausible aux labels globalisants évoqués jusqu’ici (société des individus, société postmoderne). La publication par le sociologue allemand Ulrich Beck, d’un livre majeur a renforcé ce qui se dessinait déjà comme une tendance forte, congruente avec de nombreuses théories disponibles et nettement en prise avec l’actualité passée ou présente. On a donc de plus en plus parlé de « société du risque », même si tout le monde ne donne pas le même sens à l’expression. La caractéristique centrale de cette constellation, tous travaux confondus, c’est la tension entre trois éléments : a/ la perception et la représentation, par tout un chacun, de la vie comme risquée, b/ la construction de dispositifs experts de traitement sociétal du risque (ce qu’on appelle la « gestion des risques ») et c/ l’effet inducteur de risques résultant des deux éléments précédents (un processus de « risquification »). Autrement dit, chacun de ces éléments met les autres en question : les spécialistes du risque critiquent l’incohérence des perceptions ordinaires du risque, les contre-experts discutent la validité du type de rationalité « risquolâtre » des experts, et ainsi de suite. Nous allons examiner les prétentions de cette appellation à rendre compte de la société du siècle nouveau en analysant aussi bien les rapports entre savoir ordinaire du risque et savoir savant, que les luttes pour le monopole de la définition savante du risque.

samedi 2 mai 2009

Réflexions à chaud sur la grippe A/H1N1




Alors que l’interprétation de la pandémie est de plus en plus malaisée : combien de morts, est-on vraiment en situation pandémique, y a-t-il eu sur-réaction, … ?, je livre à vos réflexions ce texte de Patrick Lagadec et Marc Guerrier : http://www.espace-ethique.org/doc2009/pandemie/pl_mg_pandemie1.pdf : Réflexions à chaud sur la grippe A/H1N1 (Vendredi 1er Mai 2009)

Parmi les réflexions des auteurs, retenons que les plans doivent rester une aide, des outils, mais en aucun cas devenir des règles ou automatismes sclérosants. Face aux crises complexes, des formations adaptées semblent encore faire défaut. Ainsi, d’après les auteurs :
- Toute situation de crise impose la prise de décision ;
- L’impératif est encore plus primordial avec les crises du XXIe siècle, qui peuvent entrainer des coûts humains bien plus considérables que par le passé. Le risque du « wait and see » est d’autant plus élevé que les crises émergentes sont désormais marquées par des sauts qualitatifs dans l’ordre de la gravité, de la vitesse, de l’étendue, de l’incertitude, de la complexité, de l’inconcevable.
- nos formations aux situations de crise sont largement du type « prise de connaissance des réponses à appliquer », et de façon rarissime des préparations aux univers de très haute incertitude, marqués par la discontinuité et le chaotique. Aussi longtemps que ce changement de vision n’aura pas été opéré, nous serons bien mal préparés aux surprises majeures des crises désormais à l’ordre du jour.
Les 4 questions à se poser lors de toute crise majeure pour aider et consolider à la prise de décision sont :
- De quoi s’agit-il ?
- Quels sont les pièges à éviter ?
- Avec quels acteurs va-t-il falloir travailler ?
- Quelles initiatives créatrices ?
3 réflexions ponctuent cet article :
1/ quelles lisibilité, transparence et intelligibilité des raisons pour lesquelles les dynamiques ont été enclenchées : qu’est-ce qui a réellement poussé l’OMS à franchir des seuils d’alertes. Ne sommes-nous pas, cette fois, dans une dynamique de sur-réaction ?
Si finalement la gravité épidémique s’avère sans rapport avec la puissance des mesures prises, et si aucune précaution de présentation n’a été prise, les risques en termes de perte de crédibilité sont sévères.
2/ si une pandémie sévère se réalise, cela supposera des mobilisations des niveaux exécutifs et de tous (l’ornière habituelle est d’en rester aux questions techniques aussi longtemps que possible, il est alors trop tard pour définir et engager de véritables actions stratégiques).
3/ L'essentiel finalement est d’intégrer dans nos préparations aux crises des démarches innovantes, pour toujours être en mesure de définir des stratégies pertinentes. Aussi longtemps que ce changement de vision n’aura pas été opéré, nous serons bien mal préparés aux surprises majeures des crises désormais à l’ordre du jour.

LES TROIS CHEVALIERS ET LE PATRIOTISME RUSSE

(thème des "3 chevaliers" utilisé par une marque de bière")


(les "trois chevaliers", tableau de Vasnetsov, 1898)


Ma participation au débat du mois : « La Russie, puissance résurgente », thème de mai 2009 sur le blog de l’Alliance Géostratégique, http://www.alliancegeostrategique.org/ :

Le poids des mythes historiques russes :

On ne peut pas cerner la volonté de puissance et le complexe obsidional russes sans prendre en compte l’importance des mythes de la grande Russie dans le patriotisme qui anime la majorité des citoyens russes.

Ainsi, peut-on lire sur le site de Voice of Russia, cet extrait datant de 2004 (10.11.2004) :
« …Fans of Russian art will remember the famous painting by Vasnetsov “Three Bogatyrs”. Aliosha Popovich, Dobrynia Nikitich and Ilya Muromets — fairy-tale heroes from Russian epic legends… Yet not only! Believe it or not, these were real-life people, famous Russian warriors, who lived in the 10th century. Memory of them lives on to this day – in our folk songs… » http://www.ruvr.ru/main.php?lng=eng&q=3062&cid=134&p=10.11.2004

Les « Три богатыря » ("Trois bogatyrs" ou "Trois chevaliers") est un tableau de Victor Mikhailovitch Vasnetsov, peint en 1898 et exposé à la galerie Tretiakov de Moscou.

En Russie, on retrouve la reproduction de ce tableau partout : sur les tablettes de chocolat, les boîtes de bonbons, les écrins en bois pour les bijoux, les calendriers, les bouteilles de bière (voir photo ci-dessus), etc.… Cette image accompagne donc les Russes tout au long de leur vie.
Les « trois Chevaliers » sont donc de vieux amis d’enfance sortis directement des contes russes ou des manuels d’histoire, à la gloire du patriotisme russe.

Mais, que représentent-ils ?

Le tableau met en scène trois célèbres bogatyrs : Ilia Mouromets, le plus célèbre de tous, au milieu sur son cheval noir ; Dobrynia Nikititch, à gauche sur le cheval blanc ; et Aliocha Popovitch, à droite sur le cheval alezan.
Les bogatyrs sont d'anciens chevaliers russes (personnages plus ou moins mythologiques, chevalier errant du Moyen Âge), dont les exploits, notamment dans la lutte contre les Tatars, sont relatés dans de longues chansons épiques en vers, les bylines. Le terme dérive probablement du vieux turc baghatur, pour lequel existe aussi une variante persane (Bahadur).
Dans ce tableau, les trois chevaliers scrutent avec vigilance l'horizon et gardent la frontière de l’Etat russe. Dans l’esprit des Russes, ils représentent l’unité indivisible de la Russie : la petite Russie (Ukraine), la Russie blanche (Biélorussie) et la grande Russie.

Il me semble important, en préambule à ce débat, de souligner l’importance de l’imaginaire patriotique russe, et, partant, les sentiments de frustration et d’humiliation qui les animent depuis l’éclatement de l’empire soviétique.

mardi 28 avril 2009

La France est-elle prête à affronter une épidémie de grippe porcine?


La (une partie de la) réponse est ici :



et là :




Point de situation :

- le nombre de décès n'a pas évolué significativement mais

- les cas avérés à travers le monde se multiplient

- les autorités de l'OMS et des USA sont de plus en plus inquiètes

- nous ne sommes pas encore en situation de pandémie, mais il faut s'y préparer

- Au fait, il ne faut plus dire grippe porcine mais 'grippe nord-américaine'.


AFP 28/04/2009 Mise à jour : 21:08 : Grippe: des décès sont probables

La grippe porcine risque de provoquer des morts aux Etats-Unis, a répété ce soir le directeur des Centres de maladie et de prévention américains (CDC), alors que les autorités de Californie enquêtent sur deux décès suspects.


AFP28/04/2009 Mise à jour : 20:08 : Grippe : état d'urgence en Californie

Le gouverneur de Californie Arnold Schwarzenegger a annoncé aujourd'hui avoir proclamé l'état d'urgence en raison de la menace d'épidémie de grippe porcine.


L'OIE (organisation mondiale de la santé animale, ex Office International des Epizooties) suggère de nommer la maladie autrement : "Dans le passé, plusieurs épidémies de grippe d'origine animale ont été nommées en fonction de leur origine géographique, par exemple la grippe espagnole (1918-1919) ou la grippe asiatique (1957-1958), c'est pourquoi il serait logique d'appeler cette maladie 'grippe nord-américaine' : http://www.lepoint.fr/actualites-societe/2009-04-28/epidemie-ne-l-appelez-plus-grippe-porcine/920/0/338684

lundi 27 avril 2009

GRIPPE PORCINE - POINT DE SITUATION


Petit point de situation :


Nous sommes rendus à + de 150 morts et 1600 malades.

Pour mémoire, le fameux SRAS en 2003 avait causé 800 morts (et 8000 cas, cf : http://www.pasteur.fr/actu/presse/com/dossiers/emergent/SRAS.htm).


Des articles que j'ai pu lire, je livre à vos réflexions les données suivantes :


- l'armée a distribué 20 millions de masques, pour une population à Mexico supérieure à 22 millions, et alors que la durée de vie d'un masque est de l'ordre de quelques heures ...


- les mesures en France restent light :


"En Europe, a expliqué la ministre de la santé française, aucun pays n'a mis en place des mesures de suspension de vols. Ni de recommandation formelle de ne pas se rendre au Mexique. Pour l'heure, les dispositions se limitent à "des conseils de vigilance donnés aux voyageurs".


- elles sont à comparer avec le pragmatisme américain : certes la situation n'est pas catastrophique, mais rien ne vous empêche de prendre des mesures simples pour vous préparer à une éventuelle agravation et de vous documenter plus avant :


"Being prepared :
Experts suggest that there are things you can do to minimize your risks during a pandemic outbreak.
Have two weeks supply of food and water available: include foods that don’t require heating in the event utilities fail. Water is important is the event that the water supply is interrupted or no longer safe
Stock up on medicines: include basics such as cold and flu medications, have a ready supply of surgical masks if you have to leave the house during the pandemic, lots of soap: everyone from the CDC to the WHO recommends a strict cleanliness regime to prevent the spread of germs. Regularly washing your hands to reduce your chances of catching it.






Voir aussi :



dimanche 26 avril 2009

GRIPPE PORCINE : LES DISSONANCES CONTINUENT…


4 DISCOURS, 4 DISSONANCES :

OMS : nous sommes en face d’une pandémie potentielle : Le virus a "clairement un potentiel pandémique" et l'évolution de la situation est "imprévisible"
USA : Ce nouveau virus s'étend et ne peut pas être contenu (« autorités sanitaires américaines »)
MEXIQUE : Gouvernement mexicain : aucun nouveau décès n'est survenu depuis 24 heures
FRANCE : nous avons établi un plan

DISCOURS DE L’OMS

Le virus de grippe porcine impliqué a "clairement un potentiel pandémique" et l'évolution de la situation est "imprévisible". Tous les cas constatés au Mexique procèdent de la contagion d'homme à homme, ce qui inquiète au plus au point l'OMS.
Pour l'OMS, le temps presse car la maladie s'étend déjà géographiquement. La souche détectée au Mexique est "génétiquement identique" à celle découverte en Californie.
La maladie touche "des jeunes adultes en bonne santé", et la mutation du virus est inédite, "dans des gênes jamais rencontrés auparavant".

DISCOURS DU MEXIQUE

1000 patients sont en observation.
Les autorités, ont rassuré vendredi sur la disponibilité du médicament antiviral actif contre le virus. Le traitement des malades avérés a été préféré à la vaccination massive d'abord envisagée.
Mexico croit possible de contenir la propagation du virus, qui pourrait ainsi "ne pas être trop important", a déclaré samedi le ministre mexicain des Finances
Un calme rare régnait samedi à Mexico, toutes les activités publiques ayant été suspendues par les autorités.
L'aéroport de la capitale reste ouvert.

DISCOURS DE LA FRANCE

En France, dans une interview au Parisien, le directeur général de la Santé, Didier Houssin, détaille les mesures de précaution mises en place (http://www.leparisien.fr/societe/la-france-prete-a-faire-face-a-la-grippe-porcine-26-04-2009-492467.php )


« pas une bonne nouvelle,
Mais on se prépare depuis des années et nous avons un plan
En revanche, il est recommandé aux voyageurs d’être prudents
»


Dans la même phrase, le DGS n’est pas parvenu a fixer une gravité à l’événement qui, en même temps :
- n'est « pas une bonne nouvelle » ;
- est à considérer avec « beaucoup de sérieux »
- implique d'être « extrêmement vigilant ».

« Nous prenons bien évidemment cette alerte de l’OMS avec beaucoup de sérieux. Ce n’est pas une bonne nouvelle, dans l’ensemble, et il faut être extrêmement vigilant avec ce qui pourrait être un nouveau virus. »

Mais, se voulant rassurant pour éviter toute psychose, le DGS affirme sa confiance dans le plan établi : « nous avons établi un plan national de prévention et de lutte intitulé Pandémie grippale ». L’expérience montre (cf. Katrina, et les nombreux articles de Patrick Lagadec à ce sujet, http://www.patricklagadec.net/fr/ ) qu’une confiance abusive dans les plans est une des premières cause d’échec lors de la gestion de crise. En cindyniques, on appelle ça un déficit systémique cindynogène
(voir : http://www.mines.inpl-nancy.fr/~verdel/cindy/opensupport/risquesgc.pdf ).
Etant donné que le caractère novateur de ce virus et l’imprévisibilité de l’épidémie semblent surprendre tout le monde, n’aurait-il pas été sage de préciser qu’on reprenait le plan pour s’assurer de sa validité face au nouvel événement ?
Pour finir, les mesures mises en place pour se protéger d’une expansion de l’épidémie en France semblent modestes : « pour le moment, aucun pays n’a décidé de mettre en place de restrictions de transport aérien. Ni même n’a déconseillé formellement de se rendre au Mexique. En revanche, il est recommandé aux voyageurs d’être prudents ».

POUR ALLER PLUS LOIN :

Je vous rappelle les 3 plus grandes pandémies du 20ème siècle :
grippe espagnole de 1918-1919 :
- virus H1N1 (le même que celui qui frappe le Mexique actuellement)
- un milliard de personnes touchées
- 500 millions de malades
- 25 à 40 millions de morts (plus que la première guerre mondiale)
grippe asiatique de 1957 :
- virus H2N2
- un million de morts
grippe de Hongkong de 1968 :
- virus H3N2
- 700 000 morts dont ~30 000 en France

Je vous conseille également les sites suivants :

Le site du plan gouvernemental : http://www.grippe-aviaire.gouv.fr/
Dernier article AFP : http://www.lepoint.fr/actualites-monde/2009-04-26/grippe-porcine-potentiel-pandemique-nouveaux-cas-hors-du-mexique/924/0/338089
L’espace de réflexions éthiques sur la survenue d’une pandémie : http://www.espace-ethique.org/fr/grippe.php

samedi 25 avril 2009

GRIPPE AU MEXIQUE : DE LA RESPONSABILISATION DE LA POPULATION A LA PSYCHOSE


Le Mexique est touché par une forme mutante du virus de la grippe porcine, jusqu’à 60 personnes tuées selon l'OMS. L'épidémie touche également le Texas et la Californie (8 cas détectés aux USA).
Le ministre mexicain de la Santé a évoqué une "épidémie" en annonçant un bilan de 20 cas mortels et de 40 autres possibles.
L’OMS s’est dite vendredi "très inquiète" de l’apparition de ce virus de type A/H1N1. Les inquiétudes sont d'autant plus vives que ce virus inédit se transmet d'homme à homme et est constitué de plusieurs souches. "c'est la première fois que nous voyons une souche aviaire, deux souches porcines et une souche humaine", a expliqué le porte-parole des CDC (centres de contrôle et de prévention des maladies américains, Centers for Disease Control and Prevention).


MESURES PRISES :

Un "antivirus spécifique" est disponible, a indiqué le responsable de la santé de la municipalité de Mexico ; le pays dispose d'un million de doses du médicament, a affirmé le ministre mexicain de la Santé.
Les autorités de la capitale ont conseillé vendredi matin à la population d'éviter le métro, de ne pas s'embrasser ou se serrer la main pour se saluer. Tous les lycées, universités et écoles ont été fermés dans la capitale et dans l'Etat de Mexico (centre), tout comme les théâtres et les musées. L'aéroport de la capitale reste ouvert, mais des équipes médicales y sont en place pour prendre les passagers en charge.

GESTION DE CRISE :

Le président mexicain Felipe Calderon et le maire de Mexico, Marcelo Ebrard, ont suspendu leurs activités prévues pour se consacrer à la situation d'urgence.

ENSEIGNEMENTS :

L’événement appelle les réflexions suivantes :


- Dissonances de communication entre l’OMS et le gouvernement mexicain, qui ne peuvent qu’accentuer la psychose
o L’un dit : c’est une crise grave qui a fait 20 mort mais qu’on peut juguler en prenant des mesures d’hygiène
o L’autre clame : c’est une épidémie très grave, qui a fait plus de 60 morts et qui se propage dangereusement…


- La problématique de la ville face aux crises sanitaires : avec 20 millions d’habitants (4 fois plus que Paris…), Mexico se révèle extrêmement vulnérable si les mesures de sécurité sont insuffisantes. Comment vacciner, équiper de masques, contrôler une telle population en peu de temps ?


- La problématique de transmission du virus par déplacements de voyageurs : faut-il fermer les frontières entre USA et Mexique ?


- Le difficile dosage entre responsabilisation des citoyens et création de la panique : le gouvernement mexicain veut que ses citoyens prennent suffisamment en compte cette menace qu'il pense cependant pouvoir facilement juguler. Il a donc pris des mesures comme des consignes d’hygiène et la fermeture des écoles. Devant ces mesures inhabituelles, la population panique et pense que la situation est plus grave qu’annoncée. Les dissonances de communication avec l’OMS accentuent cette impression. Au final, la panique des citoyens peut entraîner de nouveaux risques : émeutes en cas de manque de masques, pharmacies vandalisées, … et ceci dans une ville de 20 millions d’habitants…


CONCLUSION

Dans la société des risques, il faut prévoir les réactions de panique face aux risques. La préparation amont est donc vitale. Sensibilisation et éducation aux risques dès l’école sont essentiels pour transformer la panique en réaction adulte, mature et raisonnée.
Et nous, en France, quel est notre niveau de préparation ?

” I am afraid of everything. […] But the main thing that frightens me is fear. Fear of fear, that is what I am suffering from”.
James Blinn, The Aardvark is ready for war, http://www.amazon.com/Aardvark-Ready-War-James-Blinn/dp/1560255463

dimanche 19 avril 2009

COMMENT LES AMERICAINS SE PREPARENT AU FUTUR KATRINA

A lire sur le blog de mon camarade SD :
http://pourconvaincre.blogspot.com/2009/04/preparer-la-saison-des-ouragans-au-plan_11.html

SD analyse la pertinence de la préparation américaine en amont de l'événement et la relativise en évoquant les incertitudes qui subsistent toujours même dans le meilleur des plans...

guerre civile, guerrilla urbaine, émeutes, violences urbaines

L'analyse des événements de Strasbourg faite par Bénédicte Tratnjek mérite une lecture attentive :
http://geographie-ville-en-guerre.blogspot.com/2009/04/lotan-et-les-violences-urbaines.html
et
http://geographie-ville-en-guerre.blogspot.com/2009/04/guerilla-urbaine.html

ils renvoient aux thèmes suivants :
- les risques urbains ;
- la ville comme théâtre de violences et guerres ;
- les conséquences des abus de langage dans l'imaginaire collectif.

Bonne lecture !

Merci à JGP

Merci à JGP pour ses encouragements!
http://defense-jgp.blogspot.com/2009/04/le-blog-de-la-semaine-gestion-des.html

Je tâcherai d'être à la hauteur de ses attentes et des vôtres.

A mon tour de vous conseiller mes blogs favoris, à découvir dans ma liste de blogs!

COLLOQUE SUR LES RISQUES URBAINS

Annoncé dans le dernier Numéro de Riskassur (n°123 du 17 avril 2009, http://www.riskassur-hebdo.com/ ),

Le Master Gestion Globale des Risques et des Crises de l’Université Paris Panthéon Sorbonne et la Brigade de Sapeurs Pompiers de Paris organisent conjointement un colloque sur les risques urbains en octobre 2009 à la Bibliothèque Nationale de France.

Ils éditeront à cette occasion un ouvrage collectif aux éditions Lavoisier et ont préparé un questionnaire pour collecter la perception "2009" de professionnels concernés par les risques urbains. Ce questionnaire s’adresse également aux étudiants, maires, directeurs sûreté et gestionnaires de risques, de différents départements français, afin d'obtenir l’échantillon le plus représentatif possible en fonction de nos moyens de traitement.
Cette étude reste exploratoire et le questionnaire a été limité à deux pages pour permettre à chacun de répondre sans avoir à investir trop de temps et d’efforts.

Le questionnaire peut se télécharger au format PDF :
http://www.riskassur-hebdo.com/doc/QuestionnaireRisquesurbains.pdf

jeudi 9 avril 2009

PANDEMIE GRIPPALE


Le Délégué Interministériel à la Lutte contre la Grippe Aviaire (DILGA) a tenu un nouveau point presse le 9 avril 2009 sur l’évolution de la grippe aviaire.


A lire sur :
http://www.grippeaviaire.gouv.fr/
Votre visite sur ce site vous permettra de lire le plan national de préparation et de vous faire votre opinion sur notre niveau de préparation.
A titre de comparaison, je vous conseille d’aller voir les sites

mercredi 8 avril 2009

Une chance pour les victimes : "camping et W-E à la plage" ...


Alors que le RETEX du séisme qui a frappé l'AQUILA (Italie, 6 avril 2009) se construit, deux éléments sont déjà notables :


- les maladresses du président du Conseil, qui "gère la catastrophe actuelle avec son style habituel et a déclaré aux victimes :


"Allez au bord de la mer. C'est seulement à une heure de route d'ici en car. Et il y a plein d'hôtels qui sont à votre disposition et qui sont payés par l'Etat".

"Mettez de l'écran total"

"Il ne leur manque rien, ils ont des soins médicaux, de la nourriture chaude... Bien sûr, leur abri actuel est tout à fait provisoire, mais, justement, il faut prendre ça comme un week-end en camping".






- le laisser-faire des décideurs face à un risque avéré :

Ainsi, "de nombreuses maisons ont été construites sans autorisation" et, au final, l'économie réalisée pendant les travaux ne compensera pas les dommages financiers du séisme déjà évalué à "plus de 1,3 milliards d'euros de dégâts rien que pour les bâtiments publics".




Encore une fois, pour gérer les risques il faut :


- du courage aux décideurs, pour imposer des décisions parfois impopulaires ;

- une sensiblisation de la population, premier acteur du risque...


A long terme, il revient moins cher de prévenir les catastrophes que de réparer les dégâts ...



mardi 7 avril 2009

SEISME EN ITALIE


L'événement qui vient de frapper les ABRUZZES nécessitera d'étudier plus avant comment le risque a été géré (prévention, prévisibilité, décision d'évacuer la population ?....) puis comment les acteurs ont réagi face à la crise (résilience, reconnaissance des prévisions faites par un scientifique ignoré, ...).


Je reviendrai en détail sur tous ces éléments très prochainement.


D'ici-là, je vous conseille :




et




Bonne lecture et bonne rédlexion !

samedi 4 avril 2009

GERER LES CRISES TERRORISTES MAJEURES


Les risques majeurs introduisant des crises de rupture ne sont pas limités à la seule sphère des risques industriels (Tchernobyl) ou naturels (Katrina). Le risque terroriste post-moderne impose aux décideurs des crises hyper-complexes dont la gestion nécessite une remise en cause totale des plans prévus pour affronter une seule crise simple.

La formation de ceux qui doivent gérer les crises doit donc inclure le développement de l'imagination et de la souplesse afin de faire face à l'imprévisible.

Une fois encore, la lecture de Lagadec s'impose ! (http://www.patricklagadec.net/fr/).

Face à ce type de crises, il faut des "forces de réflexion rapide".


Pour vous en convaincre, je vous conseille la lecture de cet excellent article :




"On le voit, l'attaque terroriste multiple submerge, déroute et hypnotise complètement l'appareil étatique formé et habitué à la gestion d'une seule et même crise sécuritaire. Deux, trois, quatre ou cinq crises simultanément, c'est trop ! Exemples : le 11 septembre, Bali, Mombasa, Londres, Mumbaï et les attentats à la bombe contre trois ministères à Kaboul en février 2009."


Bonne lecture !


vendredi 3 avril 2009

colloque sur « Les conséquences géostratégiques du réchauffement climatique »

Le CID, Collège Intérarmées de Défense, organise un colloque sur les conséquences géostratégiques du réchauffement climatique. Ce colloque vise à comprendre les enjeux, risques et opportunités associés à ce phénomène sous le prisme de la géopolitique.
C'est la preuve que la Défense doit désormais se raisonner de manière globale à l'image de la National Security Strategy britannique (parue en 2008 : http://interactive.cabinetoffice.gov.uk/documents/security/national_security_strategy.pdf
voir également la note de synthèse régdigée par la FRS : http://www.frstrategie.org/barreFRS/publications/notes/20080429.pdf ).
La National Security Strategy britannique identifie et répertorie les défis à affronter en trois catégories : des « menaces », des « risques » et des « facteurs d’insécurité ».
  • Les menaces sont principalement le terrorisme, les armes de destruction massives et la criminalité organisée.
  • Les risques regroupent notamment la faillite des États et les risques de « protection civile » (risques sanitaires, climatiques, technologiques, d’inondation, etc.).
  • Les facteurs d’insécurité sont les remises en cause de la stabilité du système international par les changements climatiques, la raréfaction énergétique, la pression démographique, la pauvreté, les inégalités, les défauts de gouvernance.


Au-delà de cette catégorisation, le rapport souligne que ces menaces, risques et facteurs d’insécurité sont interdépendants, globaux et impliquent des acteurs non étatiques.Enfin, il convient de noter que la Strategy britannique souligne que le risque le plus élevé est une pandémie grippale, devant le risque d’inondation (liée à la remontée du niveau de la mer).

Mais, au-delà de la globalisation de la notion de Défense, le document britannique revient sur l'invariant de la gestion des risques qui place l'homme au centre de toute stratégie :
« changing people’s behaviour is the best way to mitigate risk »,
qui devrait être le credo de tout gestionnaire des risques !
Pour en savoir plus sur le colloque :

mercredi 1 avril 2009

PREPARATION DE LA POPULATION FACE AUX CRISES

SD sur son blog revient sur la préparation américaine face aux crises majeures, en répondant notamment à mon article sur les crues de la Red River :

http://pourconvaincre.blogspot.com/2009/04/inondations-historiques-dans-le-dakota.html

A sa question de savoir si le même niveau de préparation est valable en France, il semble malheureusement qu'il faille répondre : Non. Et pour s'en convaincre, quelques éléments :
- la culture du risque est plus forte chez les Américains que chez nous ;
- ils sont beaucoup plus sensibilisés aux risques : presque tous les Américains sont capables de réagir face à des inondations ou à une pandémie grippale et disposent dans leurs cuisines de stocks de nourriture, de quoi s'éclairer, de kits grippe aviaire ...
- le secourisme est aussi beaucoup plus développé outre-Atlantique : cf. le nombre de défibrillateurs ....
- Enfin, pour insister sur le retard culturel français quant aux risques, rappelons que l'ouvrage majeur d'Ulrich Beck, la Société du risque, a mis 12 ans avant d'être traduit en Français.