dimanche 20 décembre 2009

GERER LES RISQUES D'ASTEROIDES PERCUTANT LA TERRE






Il faut lire l'excellent article paru hier dans Le Monde : Géocroiseurs, enjeu géostratégique


En 2029 et 2036, un astéroïde de 250 M de long frôlera la terre. Le risque d’impact avec la terre a été calculé par la NASA. Il est, au pire, de 1 / 250 000. En 2004, cette probabilité avait été évaluée à 2,7%...
Au-delà de la question d’évaluation du risque, la suppression des risques de collision d’astéroïdes sur la terre pose des problèmes diplomatiques et géopolitiques.
En cas de collision, le pouvoir de destruction des astéroïdes est estimé à plusieurs mégatonnes, soit plusieurs milliers de fois Hiroshima.
Un rapport de la NASA préconise d’utiliser l’arme nucléaire pour supprimer le danger. Une autre solution consiste à dévier l’astéroïde en envoyant un vaisseau à sa rencontre pour dévier sa course. Dans ce cas, on déplace la probabilité d’impact depuis la région Atlantique-Afrique vers la Russie.
En astronomie, les astéroïdes géocroiseurs sont des astéroïdes évoluant à proximité de la Terre. Pour les nommer on utilise souvent l'abréviation ECA, Earth-Crossing Asteroids, astéroïdes dont l'orbite croise celle de la Terre. Auparavant, la NASA ne s’intéressait qu’à ceux ayant un diamètre supérieur à 1 KM, mais depuis quelques années, tous les astéroïdes supérieurs à 140 KM sont pris en compte. Ce qui devrait multiplier les prévisions de probabilités de collisions.

Cet article très intéressant du Monde renvoie à des thèmes chers à la Société du risque d’Ulrich Beck :
  • Capacité de la science à tout prévoir, tout prévenir
  • Notions d’effet boomerang : ici, on fait transformerait un risque astronomique en risque géopolitique.

VOIR AUSSI :

Livre blanc de l'IAA sur la protection de la Terre contre les objets géocroiseurs dangereux (2009)
Présentation des méthodes destinées à écarter les objets géocroiseurs dangereux en ayant recours aux lanceurs de la NASA (2007)
Programme NeoDyS
Programme "Near Earth Object" de la NASA
Liste des géocroiseurs ordonnés par distance à la Terre

vendredi 11 décembre 2009

GRIPPE A H1N1 : 10 000 MORTS AUX ETATS-UNIS...

"La grippe H1N1 a fait environ 10 000 morts, dont 1 100 enfants, et contaminé près de 50 millions de personnes aux Etats-Unis depuis le mois d'avril, selon une estimation des autorités sanitaires fédérales."
La suite sur le blog grippe aviaire

vendredi 4 décembre 2009

NOTION DE SECURITE SOCIETALE

"Le concept de « sécurité sociétale » est désormais reconnu internationalement et relègue désormais au second plan les concepts de « sécurité globale » pour la France, de Homeland Security pour les Etats-Unis ou encore de resilience pour la Grande-Bretagne".

Ce concept de « sécurité sociétale » commence à devenir à la mode en France. On le retrouve présent dans deux publications récentes :

Les Cahiers de la sécurité n°10 (oct-dec 2009), revue de l’INHES, (article de Jean-Marc PICARD) : Les travaux de normalisation dans les domaines de la gestion de crise et de la continuité des activités
Défense nationale et sécurité collective, dec 2009 (article de Christian SOMMADE et Richard NARICH) : La sécurité sociétale en question

Ce nouveau concept, forgé dans les années 1990 par OLE WAEVER (Centre for Advanced Security Theory de l'Université de Copenhague) et ses collaborateurs dans l’article Societal Security : the Concept (dans Identity, Migration and the New Security Agenda in Europe, New-York, St-Martin's Press, 1993, p. 17-40) correspond à la « capacité d’une société à persister dans ses caractéristiques essentielles face aux conditions changeantes et face à des menaces probables ou réelles ».

Il s’agit en fait de faire face aux nouveaux risques en mobilisant l’ensemble des forces de la société et en s’assurant que leurs efforts sont bien coordonnés.

Selon Christian SOMMADE et Richard NARICH (du Haut Comité Français pour la Défense Civile, HCFDC), ce concept développé dans les pays nordiques « s’inspire du concept de "défense totale" mis au point par les pays de cette région pendant la seconde guerre mondiale et la guerre froide. La société et l’ensemble des ressources doivent être mobilisés en appui de l’armée pour faire face à une agression extérieure. Dans le nouveau contexte de sécurité, où une capacité de réponse aux ruptures sociétales majeures en temps de paix est nécessaire, les autorités reçoivent un fort appui des forces armées et de la police mais aussi de la population. Ce concept de « sécurité sociétale » est désormais le concept reconnu internationalement dans le cadre des travaux de l’ISO sur ces questions et relègue désormais au second plan les concepts de « sécurité globale » pour la France, de Homeland Security pour les Etats-Unis ou encore de resilience pour la Grande-Bretagne ».

Cette norme ISO est actuellement préparée par l’ISO TC 223 (technical committee, comité technique) dont le mandat est le suivant :
Produire la « normalisation internationale dans le domaine de la sécurité sociétale, visant à accroître, chez toutes les parties intéressées, les capacités de continuité d’exploitation et de gestion de crise, par le biais d’améliorations en matière d’interopérabilité technique, humaine, organisationnelle et fonctionnelle ainsi que par une prise de conscience partagée des éléments contextuels. » (site de l’ISO)

Dans ce cadre de normalisation des méthodes et outils opérationnels, la Grande-Bretagne a commencé à se préparer collectivement dès 2004 avec une vaste réorganisation des services d’intervention d’urgence. Ce projet doit être mené à bien pour 2010, puis expérimenté en 2011 et mis en pratique lors des Jeux olympiques de Londres, en 2012.

En guise de Conclusion et puisque ce concept provient de cette région, je ne résiste pas à partager cette citation du Maréchal MANNERHEIM, considéré comme l'un des plus grands stratèges, qui fut également président de la Finlande de 1944 à 1946 :
"En serrant les rangs à l'heure du danger, la nation finlandaise s'est acquis le droit de poursuivre son existence. Si dans toutes les fluctuations du destin, nous maintenons avec une unanimité inébranlable les valeurs de patriotisme, de résolution et d'esprit défensif prêt au sacrifice, alors le peuple finlandais pourra envisager l'avenir avec une confiance pleine d'espoir" (Maréchal MANNERHEIM, Mémoires, 1882-1946, éditions Hachette 1952).

Voir aussi :

mercredi 2 décembre 2009

La politique française de gestion des risques d’inondation

La secrétaire d’État chargée de l’écologie a présenté une communication relative à la politique de gestion des risques d’inondation.
Plus de cinq millions de Français vivent en zone inondable. Près de 400 000 entreprises y sont installées. Le coût annuel moyen des dommages causés par les inondations est estimé à plus de 500 millions d’euros par an.
Cette vulnérabilité s’accroît sous l’effet du changement climatique, qui provoque une montée du niveau des mers et des océans.
Tirant les leçons des actions conduites ces dernières années, le Gouvernement entend donner une nouvelle impulsion à la politique de prévention des risques d’inondation, dans le cadre de la mise en oeuvre de la directive européenne de 2007, en cours de transposition, qui met l’accent sur la prise en compte de ces risques en amont dans les différentes politiques.
A cette fin, le Gouvernement :
-lancera un dispositif rénové de Plans d’action de prévention des inondations (PAPI) sur la période 2010-2015. Ces dispositifs contractuels entre l’Etat et les collectivités locales permettront d’améliorer les compétences en termes de maîtrise d’ouvrage et de mieux intégrer les politiques de l’eau, de l’aménagement de l’espace et de l’urbanisme dans des stratégies locales cohérentes ;
-réorganisera et renforcera, sous la responsabilité du ministère de l’écologie, de l’énergie, du développement durable et de la mer, le dispositif de contrôle de la sécurité des ouvrages hydrauliques ;
-mettra l’accent sur les opérations de réduction de la vulnérabilité des bâtiments, des activités et des populations, au lieu de privilégier des mesures lourdes de protection contre les inondations. L’ensemble des types d’inondation devra désormais être pris en compte : non seulement les débordements de cours d’eau, mais aussi celles dues aux submersions marines et au ruissellement, urbain ou en milieu rural.

LA CATASTROPHE DE MALPASSET EN 1959

Il y a tout ce qu'il faut en retenir ICI.

lundi 30 novembre 2009

Le prix Edmond Fréville-Pierre Messmer 2009 à Michel Goya

Le prix Edmond Fréville-Pierre Messmer 2009 à Michel Goya

Le prix Edmond Fréville-Pierre Messmer 2009 de l’Académie des Sciences morales et politiques a été décerné à Michel Goya
A cette occasion, le site canal académie propose une interview du lauréat pour son livre sur les armées en Irak (paru aux éditions Economica et intitulé : Irak - Les armées du chaos) : l'analyse du colonel Michel Goya permet de mieux appréhender bien des éléments qui pèsent lourd dans la situation en Irak.

"L’interview permet au Colonel Goya de préciser son analyse sur quelques points essentiels :

- jugement très négatif porté sur la décision américaine de démobiliser massivement l’armée irakienne. Sans elle, le chaos aurait pu être évité ou tout au moins aurait-il eu moins d’ampleur.
- S’agissant de la coalition présente en Irak, le colonel Goya en souligne le déséquilibre - en faveur des américains. Sur les quelques 160.000 hommes que comptait la coalition au début, 130.000 appartenaient, en effet à l’US Army, les 26.000 autres relevant de 41 pays différents, déployés au sud, dans la zone chiite.
- L’auteur confirme également les capacités d’adaptation dont l’armée US a fait preuve au cours des six années
- Enfin, sur le plan des moyens, il rappelle l’importance accordée par les américains à l’externalisation (160.000 hommes dont la moitié d’Irakiens engagés dans des sociétés militaires privées !) et souligne les efforts entrepris pour gagner la "bataille de la route", à savoir la lutte contre les mines, bataille technologique... coûteuse.

L’entretien se termine par un parallèle entre les évènements d’Irak et ceux qui se déroulent actuellement en Afghanistan tandis que l’auteur confirme que s’il devait la réécrire aujourd’hui, sa conclusion sur l’Irak serait aussi pessimiste que celle figurant dans son livre.

L'interview à écouter en cliquant ICI.

DHS’ Strategy and Plans to Counter Small Vessel Threats Need Improvement | Security Debrief - a blog of homeland security news and analysis

DHS’ Strategy and Plans to Counter Small Vessel Threats Need Improvement Security Debrief - a blog of homeland security news and analysis

samedi 28 novembre 2009

Identité nationale : un débat à l'Ecole militaire

Parallèlement à la publication de l'ouvrage Qu'est-ce qu'être français ?, l'Institut Montaigne organise un débat public à l'École militaire le 4 décembre 2009.

On notera simplement que :

- ces débats ne s'intéressent qu'au quoi (qu'est-ce que l'identité nationale ?) et au comment (comment la vivre et l'exprimer?). Mais le POURQUOI reste une fois encore étrangement absent (pourquoi être solidaires et unis, face à quelles menaces, à quels risques ?);

- même si ces débats ont lieu au sein de l'Ecole militaire, dans un amphi portant le nom du maréchal Foch, les notions d'esprit de défense ne viendront pas (du moins à la lecture du programme !) éclairer les débats.
On lira cependant avec intérêt la contribution de Max Gallo à cet ouvrage.

le problème sécuritaire de la pandémie vu par SD

SD a (toujours) raison !
Dans un billet que j'aurais aimé écrire, SD note que nous sommes en train de passer d'un risque sanitaire à un risque sécuritaire.
Je cite certains extraits mais ne peux que vous recommander la lecture complète de ce billet (ainsi que ceux présents sur le blog de SD : Pour convaincre, la vérité ne peut suffire) :
"La pandémie H1N1 n'est pas qu'un problème de santé publique mais bien celui de l'ensemble de la nation, avec des implications sécuritaires. Le 26 novembre dernier, la police est intervenue pour calmer la population dans un centre de vaccination.
Tout cela pose la question de la résilience réelle de la population française que j'estime peu élevée face à des catastrophes naturelles ou des pandémies. Peu de morts et déjà des paniques collectives et des comportements égoïstes à grande échelle !
Cela pose la question de la culture du risque dans notre société.
l'heure n'est pas aux réponses mais à l'action et au civisme."
A ce billet de SD, je rajouterai que :
- malgré des plans bien préparés, les personnels des grands corps sécuritaires de l'Etat sont loin d'être tous vaccinés. Si tout le monde doit être sur le pont le jour J, pourquoi la vaccination de tous les policiers, gendarmes, pompiers, militaires, médecins, ... n'est-elle pas obligatoire ?
- cette crise sanitaire et la manière dont les citoyens réagissent doit nous inciter à redéfinir l'identité nationale au prisme de la défense face aux risques multiples auxquels nous serons confrontés. Dès lors, la notion d'esprit de défense est fondamentale. Elle ne fait pourtant l'objet d'aucune contribution sur le site internet de débat sur l'identité nationale.
Voir également :

mercredi 18 novembre 2009

Quand le Sénat se fout de l'Afghanistan

« Le Sénat français se fout de la guerre en Afghanistan »
Dans un article au vitriol mais plutôt bien vu et dans la continuité de ce que je souhaite démontrer, Jean-Michel APHATIE revient sur le peu de sénateurs présents à ce débat. Je cite certains extraits :
"Le sujet n’a rassemblé qu’une vingtaines d’élus, à égalité de présence entre la majorité de droite et l’opposition de gauche. [...]
Un débat sur l’Afghanistan n’intéresse pas les sénateurs. On peut ben parler de l’engagement de la France dans des opérations militaires, donc de la guerre et de la paix, de la vie et de la mort, il ne se trouve que 20 sénateurs sur 343, soit exactement 5,83% des membres de cette chambre pour assister au débat.
Ce constat est navrant, consternant, stupéfiant. [...]
au moins, les parlementaires eux mêmes ne pourraient-ils pas faire preuve de sens civique ?
Il y a dans cet absentéisme l’expression d’un je m’en foutisme, et aussi l’aveu d’une échelle de valeurs"
Une fois encore : le débat sur l'identité nationale n'a de sens que si l'on sait pourquoi on a tant besoin de cette idée. La nation a besoin de cette identité pour être plus robuste, plus soudée, plus forte face aux risques et menaces.
Définir l'identité nationale sans lien avec l'esprit de défense et les notions de civisme me semble incohérent. Et pour resituer tout ceci dans la vocation de mon blog, je dirais qu'il y a là une véritable dissonance, un "déficit systémique cyndinogène" (d'après la terminologie des cindyniques), puisque les arguments développés sont éloignés du but à atteindre.

DEBAT AU SENAT SUR LA PRESENCE FRANCAISE EN AFGHANISTAN (le "compte rendu analytique")

Sénat : SÉANCE du lundi 16 novembre 2009 : Engagement de la France en Afghanistan

DEBAT AU SENAT SUR LA PRESENCE FRANCAISE EN AFGHANISTAN (en complément de mes billets sur l'identité nationale et l'esprit de défense



samedi 14 novembre 2009

PARIS HILTON : icône de l'esprit de défense !

L'esprit de défense se concrétise lorsque le citoyen lambda s'intéresse aux questions militaires et de stratégie, pour comprendre et finalement soutenir les choix de son pays.
Au-delà du clin d'oeil (à Mars attaque : Sun Zu serait-il lu mais mal compris par les opinions publiques ? ) cette photo renvoie directement au débat sur l'identité nationale.

Autrefois, la population était source de puissance par son poids numérique et en tant que main d'oeuvre.

Aujourd'hui, elle est plus que jamais un centre de gravité stratégique par le soutien qu'elle apporte ou qu'elle retire aux opérations militaires.

Mais, pour qu'elle apporte ce soutien, encore faut-il qu'elle soit éclairée sur les questions de défense. Si la lecture de Sun Tzu (et d'abord du livre blanc sur la défense et la sécurité nationale) par toutes les citoyennes blondes relève encore du fantasme, la question de l'intérêt citoyen pour les questions de défense mérite d'être posée avec gravité et corrélée avec l'identité nationale !

vendredi 13 novembre 2009

Vaccinations pandémie : scepticisme et confusions & débat sur l'identité nationale

Alors que les médias européens s'interrogent sur la réalité du risque ("Pandémie ? Quelle pandémie ?", "Pandemic? What flu pandemic?" titrait cette semaine le journal britannique The Independent), que les experts scientifiques ne s'accordent pas sur la fiabilité du vaccin ou du Tamiflu et que la population a le sentiment que les décideurs et experts ont surévalué les risques et surréagi,
quelques enseignements peuvent être tirés de cette crise :
- le manque de cohésion nationale face aux crises. Cette absence d'unité nationale face à un enjeu en dit long sur notre faible résilience face aux risques majeurs...

- notre "société du risque" réagit selon les schémas présentés par Ulrich Beck : défiance par rapport aux données scientifiques, angoisses et remise en cause systématique des discours provenant des experts

- au moment où l'on redéfinit l'identité nationale (et je me répète, cf Débat sur l'identité nationale : quelle utilité ? ), il est impératif de savoir pourquoi il faut être unis face à l'adversité et de s'interroger sur les manières de créer cette communauté d'esprit national.

Pour aller plus loin :

mercredi 11 novembre 2009

Risques et savoirs : une revue sur la préparation citoyenne face aux risques - POUR FAVORISER LA RESILIENCE CITOYENNE !

Les thèmes abordés par cette nouvelle revue (Risques et savoirs - Devenir acteur de sa sécurité) sont ceux qui me sont chers. Mes abonnés fidèles le reconnaîtront sans peine à la lecture des articles proposés par ce premier numéro.
M. Alain Boissinot, recteur de l’académie de Versailles, rappelle dans l'éditorial :
"Jamais sans doute comme aujourd’hui les hommes n’ont été sensibles aux conséquences de leurs actions sur un monde désormais global. Jamais cette situation n’a été à ce point perçue comme un risque, donnant naissance au fameux « principe de précaution ».
Le Code de l’éducation, qui intègre l’article 5 de la loi de modernisation de la Sécurité civile, en prend acte lorsqu’il précise que « tout élève bénéficie, dans le cadre de sa scolarité obligatoire, d’une sensibilisation à la prévention des risques et aux missions des services de secours ainsi que d’un apprentissage des gestes élémentaires de premier secours ». Cette éducation à la responsabilité fait également partie du Socle commun des connaissances et des compétences. C’est pourquoi il fallait tenter de relever le défi de tenir sur ces sujets un discours à la fois pédagogique et exigeant, avec l’aide des meilleurs spécialistes."
Alain Perret, préfet, directeur de la Sécurité civile complète en rapelant les ambitions de cette revue, dans l'article « Éduquer le citoyen et lui apprendre à se protéger » :
"Risques & Savoirs est l’aboutissement d’un partenariat entre le Centre régional de documentation pédagogique (CRDP) de l’académie de Versailles et la direction de la Sécurité civile (DSC). L’intérêt de ce partenariat réside, à mon sens, dans le rapprochement avec une structure, le CRDP de l’académie de Versailles, capable d’apporter un savoir-faire pédagogique et technique très précieux pour toucher la sphère éducative, qu’il s’agisse des enseignants ou des élèves. Risques & Savoirs va ainsi nous permettre de créer un trait d’union entre deux ministères très différents mais aux compétences complémentaires puisqu’ils partagent une mission commune : éduquer le citoyen de demain et lui apprendre à se protéger face aux risques.
Enfin, l'article "Pour l’amour du risque" est consacré à ÉRIC PHILIP, expert Risques technologiques au sein du bureau des Risques majeurs (Direction de la Sécurité Civile). Ce dernier revient sur la foi qui l'anime pour forger cette nécessaire culture citoyenne de préparation aux risques :
"faire toujours plus pour former élus et citoyens, les initier à la nature des risques et aux cadres réglementaires. Pour que tous puissent faire face le jour J en toute connaissance de cause.
message : « former, informer, convaincre et développer une culture de prévention des risques et de sécurité civile ».
Pour faire évoluer la conscience du risque afin de mieux cultiver la prévention du risque, il s’adresse au public scolaire, aux fonctionnaires territoriaux, aux décideurs qui relaient l’information.
Éric Philip conclue : « Nous vivons dans une société du risque. L’information et l’éducation doivent participer à la responsabilisation du citoyen. »

Résilience des infrastructures d'importance vitale

Le site britannique UK resilience vient de mettre en ligne un projet de stratégie pour améliorer la résilience des infrastructures d'importance vitale et des services essentiels face aux risques naturels. Ce draft tient compte du RETEX des inondations de 2007. Cette stratégie serait mise en place selon une approche globale associant l'ensemble des acteurs concernés : "cross-sector programme to improve the resilience of critical infrastructure and essential services to severe disruption by natural hazards".
Ce document est intéressant pour comprendre la démarche anglo-saxonne de résilience (association et consultation des acteurs pour l'élaboration des programmes et stratégies).

Il comprend notamment une définition de la résilience :

the ability of a system or organisation to withstand and recover from adversity. As such, a resilient organisation is one that is still able to achieve its core objectives in the face of adversity through a combination of measures."

lundi 9 novembre 2009

Résilience militaire


Le site de la DGA précise :
"La résilience vise à rendre plus robustes les systèmes, les hommes et les organisations pour donner, comme il est demandé dans le Livre blanc de la Défense et de la sécurité, « la capacité aux pouvoirs publics et à la société française de répondre à une crise majeure et de rétablir rapidement leur fonctionnement normal ».
C'est l'occasion de visionner une interview de Boris Cyrulnik, qui définit simplement et en quelques mots ce concept de résilience.

dimanche 8 novembre 2009

Résilience, débat sur l'identité nationale et livre blanc sur la défense et la sécurité nationale

Dans la continuité de mon billet précédent, voici une définition de la résilience nationale, telle que le Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale (2008) la comprend. Cet extrait est une réponse de Jean-Claude MALLET, Président de la Commission du Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale lors d'un débat organisé par la FRS "Le Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale : et après ?" (p.16) :

"Une définition de la résilience est présente dans le Livre blanc. Il s’agit de la capacité des sociétés, des institutions et de l’opinion à encaisser des chocs et à rétablir un fonctionnement normal de la vie courante. La définition est donc relativement simple.
Notre constat est que le territoire et la population français (comme européens) sont exposés. Il fallait le dire. On nous a critiqués en affirmant que nous allions créer inutilement de l’anxiété, « militariser » la société civile… Nous avions dans la Commission des personnes qui avaient l’habitude de produire des analyses sociales et sociologiques. Ils ont été particulièrement utiles.
En utilisant ce terme, nous avons voulu indiquer que les pouvoirs publics devaient préparer l’opinion. Il ne s’agit pas de développer de l’anxiété mais bien de proposer une information permettant à nos concitoyens d’acquérir certains réflexes. Un nombre considérable de démocraties fonctionne de la sorte. Cette information et cette préparation aux chocs peuvent faire partie de l’organisation sociale. Ce n’est pas le cas en France.
Il convenait donc de se demander si l’appareil d’État, notamment les institutions, sont eux-mêmes organisés pour être résilients. Par ailleurs, il fallait chercher à savoir si la gestion de la communication en temps de crise était organisée. Dans ce domaine, la réaction des Londoniens après les attentats de 2005 a souvent été citée en exemple.
La résilience recouvre donc l’organisation des pouvoirs publics, la préparation des mécanismes de gestion des crises et l’ensemble du dispositif permettant d’analyser la capacité de réaction de la société.
Le renseignement est ainsi l’un des outils de la résilience. Dans les livres blancs précédents, il était défini comme une fonction majeure, sans pour autant que des développements importants ne lui soient consacrés. Nous avons préféré « mettre sur la table » un plan complet sur le renseignement. De la sorte, nous avons pu informer, afficher une politique. Nous avons fait savoir aux Français que l’État allait faire un effort dans les domaines de la connaissance et de l’anticipation.
La résilience est donc bien l’ensemble des politiques nous permettant de nous préparer aux chocs et de définir les réponses.
Bien souvent, certains se demandent s’il faut tout dire à la population, s’il ne serait pas préférable de lui cacher les éléments les plus anxiogènes. C’est un débat récurrent, même au plus haut sommet de l’État. De nombreux ministres ont répondu qu’il fallait responsabiliser les Français, en leur indiquant notamment que notre système de réaction aux crises était insuffisant par rapport aux types de risques auxquels nous sommes confrontés. L’introduction de la notion de résilience est l’un des éléments de réponse que la Commission a voulu produire à cette situation."

Débat sur l'identité nationale : quelle utilité ?

Je n'ai pas réussi à trouver dans les participations au grand débat sur l'identité nationale des écrits se positionnant sur la nécessité stratégique de retrouver une identité nationale. (je suis preneur de ce que vous auriez d'ailleurs pu lire sur ce thème).
Pour ma part, la nation doit être considérée comme un acteur stratégique (on nous répète suffisamment que les guerres se gagnent avec l'opinion publique).
Pour que cet acteur stratégique soit robuste, fiable et donc source de puissance, il faut lui donner corps et esprit, développer ce que les militaires nomment l'"esprit de corps", créer les conditions de cohésion autour d'idéaux communs.
De la qualité de cette identité commune dépendent véritablement la solidarité et la résilience de la nation face à toute catastrophe, guerre ou action terroriste.
Donc face aux risques.
Dans notre "société du risque", tout se passe comme si nos élites n'avaient que peu confiance dans la force à les suivre de la société qu'ils dirigent. Se méfiant de la faible ou inadéquate réaction de leur concitoyens, ils exagèrent le niveau des menaces, sur-réagissent et au final en traitant les risques de manière disproportionnée créent des effets induits dont les conséquences sont pires que le premier risque auquel ils devaient faire face.
Redéfinir notre identité nationale doit être compris dans une logique d'efficacité stratégique. Il y a là un véritable défi. La société du risque est véritablement une donnée de notre époque qui se manifeste par la peur de l'avenir, l'incertitude, la fébrilité et la sur-réaction. Redéfinir l'identité nationale, c'est resserrer les liens entre entre citoyens mais aussi entre le peuple et ses élites. C'est restaurer les conditions de la confiance réciproque seule à même de permettre, le jour J, les capacités de résilience.
Frank Furedi, sociologue britannique auteur de "invitation to terror" et "culture of fear" l'a très bien vu.
What is striking about the threat assessments made by political leaders is the lack of confidence they have in the resilience of their own institutions and people. (Franck Furedi, Invitation to terror, p.12)
We can now make sense of the prevailing mood of elite alarmism towards the threat of terrorism. Unable to offer a meaningful account of its own way of life, and insecure about its own authority, it cannot help but overreact to the challenge it faces. Through insecure musings about existential threats and a war without an end it expresses its worst fears about the transience of its own authority. Its reaction to the risk of terrorism may be disproportionate and likely to intensify problems.” (Franck Furedi, Invitation to terror, p.168)

lundi 2 novembre 2009

FALLUJAH - IL Y A DEJA 5 ANS !

Les éditions NIMROD publient avant la mi-novembre Fallouja ! de David Bellavia.
Comme l'éditeur le reconnaît sur le blog de Nimrod : "Il sera disponible en librairie (si je ne me suis pas trompé dans mes calculs) au plus tard mi novembre, pour le 5e anniversaire de la bataille de Fallouja."
L'éditeur ajoute : "Il s'agit d'un témoignage très fort sur une section de GI, ce qui nous change un peu des Forces spéciales. L'angle éditorial est toujours le même : un témoignage terrain, une expérience vécue, et pas un essai littéraire sur le devenir de l'armée au XXIIe siècle. Honnêtement, c'est du lourd, et j'espère que vous aurez plaisir à le découvrir - en attendant que nous puissions publier le même type de témoignage, mais version française (ce qui prend un peu de temps...)."

Voici la présentation officielle sur le site de Nimrod éditions :

"Dans la nuit du 6 au 7 novembre 2004, les forces américaines et irakiennes donnent l’assaut au bastion islamiste de Fallouja, une ville de près de 300 000 habitants située à une soixantaine de kilomètres de Bagdad, au cœur du triangle sunnite baassiste.Prévenus à l’avance de l’offensive américaine, les trois quarts des habitants ont fui la ville, mais plus de 3 000 combattants islamistes de différentes nationalités ont décidé de s’y retrancher et de faire de Fallouja une forteresse imprenable. Fanatiques et prêts à se battre jusqu’à la mort, ils ont transformé la « cité des Mosquées » en un labyrinthe létal : voitures piégées, rues minées, souricières, bâtiments barricadés, snipers en embuscade… Tandis que les hommes de la section d’infanterie mécanisée du sergent-chef Bellavia attendent d’investir la ville, appuyés par leurs chenillés Bradley et leurs chars Abrams, ils ne savent pas encore qu’ils vont passer près de trois semaines à combattre un ennemi invisible et déchaîné."
Nul doute que de nombreux billets consacrés à Falloujah seront publiés sur la blogosphère de Défense cette semaine.

Voir aussi :
Battle for Fallujah : David Bellavia sur Youtube
l’ouvrage du CDEF : les fantômes furieux de Falloujah
l'article de SD sur le jeu vidéo tiré de cette bataille : Six days in Fallujah : mélange des genres ?

dimanche 1 novembre 2009

GRIPPE A H1N1 : PANIQUE EN UKRAINE ET AU CANADA

On y lit notamment que dans ces deux pays, les populations se ruent vers les pharmacies et hôpitaux pour se faire vacciner.
De fait, "le contraste avec la France est saisissant : Alors qu'en France la ministre de la Santé bataille pour encourager la population à se faire vacciner contre la grippe H1N1, les Ukrainiens ont pris d'assaut samedi les pharmacies pour obtenir des soins."
On notera enfin, que toutes les populations ne sont pas également protégées face au risque. Ainsi, la premier ministre d'Ukraine a appelé les Ukrainiens "à confectionner leurs propres masques".

mardi 27 octobre 2009

PANDEMIE : MARS versus ATHENA

Dans son article Mars ou Athena - Réflexions autour du livre Pandémie grippale - L’ordre de mobilisation, Patrick LAGADEC critique la part de gestion militaire (Mars) de la crise qui prend trop le pas sur la gestion citoyenne (Athena).
Cet article, paru le 5 septembre 2009 sur le site Espace éthique, est passé largement inaperçu mais pose cependant avec pertinence les enjeux de cette pandémie : certes la mobilisation de type militaire des moyens de l'Etat a été correctement engagée. Pour autant, la mobilisation citoyenne ne s'est pas faite parce que les citoyens n'ont pas été considérés comme acteurs de la réaction mais comme population à défendre. Une réflexion approfondie devra donc être conduite lorsque le temps du retour d'expérience viendra pour savoir comment, à l'avenir, mieux associer les citoyens à la défense de la cité, de leur cité.
EXTRAITS :
"Traditionnellement, dès qu’il est question de situation de désastre, les instances de décision plaident la nécessité de venir prendre en charge « nos populations » (pensées comme incapables de toute réaction), de remettre des cadres (supposés totalement anéantis), de contenir “panique” et désordres (tenus pour quasi inévitables et automatiques), de protéger l’ordre public (gravement menacé). Certes, l’accent est mis depuis deux ou trois décennies sur la nécessité de « communiquer » (beaucoup) et de consulter (un peu), mais si le niveau de gravité s’élève, les principes cardinaux sont rapidement de retour – « la force doit prévaloir sur le droit ». Athena est peut-être fort sympathique, mais elle doit laisser la place à Mars dès que l’on passe aux choses sérieuses.
Certes, il faut préparer des plans, des logiques d’intervention, des moyens, mais ne jamais penser que tout cela pourra se penser et se faire depuis des bureaux, des Q.G., à l’abri de leurs règles et de leurs secrets. A détruire la cohésion on ne génère que de l’incohérence. Certes, il faut faire montre d’autorité, mais c’est d’abord pour éviter que les conceptions traditionnelles de « perte de contrôle » et de « désordre », largement dramatisées par le discours médiatique automatique, ne conduisent à des inquiétudes extrêmes, à la mise en cause des responsables pour non assistance à populations en danger. Dans cette ligne, la première urgence est de faire comprendre qu’il est urgent de mobiliser totalement Athena, non de la mettre sous tutelle avant de la mettre aux fers si la mise au pas ne suffit pas.
Mars règle à l’avance les réponses, pour épargner à la Cité la difficulté des questions et des choix. Athéna convoque le citoyen pour lui faire connaître qu’il a devant lui des questions à ouvrir, à penser, à débattre, et à traiter : cette démarche qu’il lui faut engager est précisément ce qui donne sens et consistance à la Cité. Comme le dit Emmanuel Hirsch en introduction à l’ouvrage, la première urgence est bien une « urgence politique »

lundi 26 octobre 2009

Crises et facteur humain - Les nouvelles frontières mentales des crises

Préfacé par Patrick LAGADEC, cet ouvrage aborde les crises de nos sociétés modernes au travers du filtre de la psychologie et du facteur humain, angles peu étudiés en général.
Il s’appuie sur de nombreux exemples, récents (crise de la Société Générale, crise économique et financière actuelle, suicides en entreprise, libération d’otages comme Ingrid Betancourt, ouragan Katrina, affaire d’Outreau, tsunami indonésien…) ou plus anciens, mais qui ont marqué les esprits (attentat du World Trade Center, explosion de la navette Challenger, guerre du Golfe, catastrophe du Heysel, crise de Cuba…).
Il comporte les contributions de :
Jacqueline BARUS-MICHEL, Laurent COMBALBERT, Louis CROCQ, Érik DECAMP, Marie-Claude DENTAN, Jacques FRADIN, Christophe GADÉA, Claude GILBERT, Claude HANSEN, Bruno JEANBART, Thami KABBAJ, Patrick LAGADEC, Patrick LÉGERON, Christian MOREL, Daniel PARROCHIA, Emmanuel PORTIER, Luc QUINTYN, Sanjy RAMBOATIANA, Bertrand ROBERT, Christophe ROUX-DUFORT, Étienne VERMEIREN, François WALTER.

dimanche 25 octobre 2009

Au service du diable - histoire de la gestion des risques à travers le risque d'incendie



Au service du diable - Pour une histoire de la gestion des risques : Incendies et organisations de secours : Lyon, 1852-1913
L'auteur remarque justement que "les sapeurs-pompiers, hormis un travail de qualité fourni par Hubert LUSSIER (Les sapeurs-pompiers au XIXe siècle. Associations volontaires en milieu populaire) ont encore très peu fait l'objet d'études et de recherches de la part du milieu scientifique et universitaire". Cette thèse participe donc à combler cette injuste manque d'intérêt. Dans le domaine de la gestion des risques, s'intéresser à l'histoire des sapeurs-pompiers permet d'envisager les représentations sociales face au risque d'incendie ; l'influence de l'industrialisation dans la maîtrise du risque et le rôle de l'urbanisation dans l'évolution du risque et des sapeurs-pompiers.
Extraits :
"L'incendie, jusque vers la fin du XIXème siècle au moins, constituait un risque permanent, un péril avec lequel vivaient les populations, et principalement les populations agglomérées. Il conviendrait presque de parler de risque par essence, inhérent à la dynamique urbaine et économique propre aux temps historiques. C'est alors tout naturellement qu'est né le vaste projet de lutter contre le feu, l'homme éprouvant un impérieux besoin de sécurité [...]
La première question qui compose cette thèse est directement issue de [...] la narration de sinistres destructeurs durant l'Antiquité ou le Moyen Age. Elle pose en fait la question de l'état de cette menace, de la situation et de l'évaluation de ce risque sur un siècle, le XIXème, période caractéristique de l'histoire des sociétés urbaines. [...]
C'est par cette interrogation que sera établi si le danger a grandi au fur et à mesure que les villes se sont accrues, que l'industrie s'est développée, que l'économie s'est assise et que les populations se sont agglomérées. C'est, fondamentalement, cette même interpellation qui produira et conduira l'enchaînement de la problématique interprétant l'évaluation et l'évolution du risque, établissant une définition des moyens de lutte, humains et matériels. C'est ainsi que sera mis en lumière le passage, en un siècle, des brasiers destructeurs aux sinistres ponctuels, de l'insouciance à l'éducation des populations, du détachement à l'interventionnisme des autorités, du seau d'eau à l'extincteur, de la fontaine à la bouche d'incendie, de l'alerte au tocsin à celle utilisant le téléphone, du garde-pompe au sapeur-pompier, de la pompe à bras au fourgon-pompe automobile, du service d'incendie au service de secours."

samedi 24 octobre 2009

FORMATION AUX PREMIERS SECOURS : l'Europe en avance sur les Américains ?


Dans un billet publié sur le blog de l'American Red Cross, Should First Aid Training Be Required?, le retard des Etats-Unis sur l'Europe en matière de formation aux premiers secours est regretté.
Ce constat fait suite au rapport publié par la Croix Rouge Internationale “First Aid For A Safer Europe”.
Dans son billet, l'auteur s'interroge sur les raisons qui poussent les citoyens à suivre des formations aux premiers secours. Malheureusement, ce n'est pas l'éthique citoyenne qui motive les Européens à se préparer pour sauver des vies. L'auteur constate ironiquement que, si les citoyens reconnaissent que ces formations sont d'une importance essentielle, ils ne sont guère volontaires pour y participer. Ainsi, seule une obligation formelle peut développer la préparation citoyenne aux premiers secours.
"most would agree that first aid skills are fundamentally important, but what really motivates people to take a class? The report tells us that, at least in Europe, it’s partly because they have to."

En France, la loi de modernisation de la sécurité civile de 2004 impose notamment que "Tout élève bénéficie, dans le cadre de sa scolarité obligatoire, d'une sensibilisation à la prévention des risques et aux missions des services de secours ainsi que d'un apprentissage des gestes élémentaires de premier secours."

Le rapport rapport publié par la Croix Rouge Internationale “First Aid For A Safer Europe” constate notamment que les Européens sont mieux préparés pour faire face aux accidents domestiques, de la route, ou de travail. Ainsi, 95% de la population norvegienne sont formés aux 1ers secours.
Plusieurs Etats américains ont établis des lois qui obligent le personnel de l'éducation nationale à suivre des formations pour utiliser des défibrillateurs mais, constate l'auteur du billet, une formation aux 1ers secours imposée à l'ensemble des citoyens reste encore à introduire.

En définitive, cette constation pose une fois encore le thème d'une préparation citoyenne face aux risques. Les évolutions sociétales marquées par un individualisme croissant militent pour que cette préparation citoyenne soit imposée par l'Etat.

dimanche 18 octobre 2009

PREPARATION DES OPERATEURS PRIVES FACE AUX CATASTROPHES : nouvelles normes édictées par le US Department of Homeland Security

La ministre américaine de la sécurité intérieure (Department of Homeland Security (DHS) Secretary) Janet Napolitano a annoncé le 15 octobre 2009 de nouveaux standards pour la préparation des opérateurs privés face aux catastrophes.

Elle a ainsi déclaré que "la préparation est une responsabilité partagée dans laquelle tout le monde (y compris les opérateurs privés, les universités et les associations) a un rôle à jouer. S'assurer que nos partenaires privés disposent des connaissances et conduisent des entraînements pour réagir face aux catastrophes permet de renfortcer nos efforts pour créer une culture nationale de préparation"

("Preparedness is a shared responsibility and everyone—including businesses, universities and non-profit organizations—has a role to play," said Secretary Napolitano. "Ensuring our private sector partners have the information and training they need to respond to disasters will strengthen our efforts to build a culture of preparedness nationwide.")

Cette notice, soumise à approbation, prévoit 3 nouvelles normes (établies en liaison avec la National Fire Protection Association, la British Standards Institution and ASIS International (American Society for Industrial Security).


Les 3 normes sont les suivantes :


1. Norme NFPA 1600 — Gestion des situations de crises et plan de continuité des activités (Standard on Disaster/ Emergency Management and Business Continuity Programs)


2. Norme BS25999— Gestion du plan de continuité des activités (Business Continuity Management)


3. Norme ASIS SPC. 1–2009— Résilience organisationnelle : prévention sécuritaire, systèmes de continuité des activités (Organizational Resilience: Security Preparedness, and Continuity Management Systems— Requirements with Guidance for Use)


1. NFPA 1600—Standard on Disaster/ Emergency Management and Business Continuity Programs, 2007 Edition. This standard establishes a common set of criteria for preparedness, disaster management, emergency management, and business continuity. NFPA 1600 specifies the management and essential elements of a preparedness program for disaster management, emergency management, and business continuity.
The particular strength of this standard is that it focuses on planning and preparation in anticipation of a disaster and does not prescribe a program development process.
2. BS25999—Business Continuity Management. This standard defines requirements for a management systems approach to business continuity, and integrates risk management disciplinesand processes. BS25999 is comprised of two parts: Part 1 dated 2006; Code of
Practice, and Part 2 dated 2007; Specification. The particular strength of this standard is that it specifically provides a management systems approach to business continuity and also integrates risk management disciplines and processes. The standard also provides the user the basis for understanding and implementing in business-to-business and business-tocustomer
dealings to reassure business resilience.
3. ASIS SPC. 1–2009—Organizational Resilience: Security Preparedness, and Continuity Management Systems— Requirements with Guidance for Use. This standard was released in 2009 and defines requirements for a management systems approach to organizational resilience. The particular strength of this standard is that it applies a management systems approach to organizational resilience. The standard encompasses an assortment of risk management mechanisms and follows a plan-do-check-act approach associated with other International Standard Organization management system based standards.


EN SAVOIR PLUS :





samedi 17 octobre 2009

SEISMES : COMMENT LA CALIFORNIE SE PREPARE AU "BIG ONE"


Alors que le film catastrophe 2012 va bientôt sortir, la Californie se prépare avec réalisme et un film de sensibilisation particulièrement efficace !
Il faut d'urgence visionner cette vidéo et aller faire un tour sur le site The Great California Shake Out - Get Ready.
Le 15 octobre 2009, plusieurs millions de Californiens ont participé à un exercice de réaction face à un tremblement de terre. Les organisateurs prévoyaient même d'atteindre le chiffre record de 10 millions de participants. C'était le plus important exercice tremblement de terre, jamais réalisé aux USA.
On est loin des exercices de sécurité civile français, qui ne mobilisent jamais autant la population...


Plus d'infos :

Preparing for the Big One, sur le blog Homeland Security Watch - "News and analysis of critical issues in homeland security"
Millions duck and cover (San Jose Mecury News)
This is a test, this is only a test (Los Angeles Times)
Party time for great California shake-out (San Francisco Chronicle)
Et, pour le fun, le film 2012, qui sortira en novembre :


GRIPPE A H1N1 : VERS UNE MUTATION DU VIRUS ?

Alors que les premiers cas d'infection de porcs par le virus de la grippe H1N1 pourraient avoir été détectés dans l'Etat du Minnesota (Nord des aux Etats-Unis), une possible mutation du virus doit être sérieusement envisagée.
Les services sanitaires américains préparent un vaccin pour les porcs, et feront placer en quarantaine les animaux infectés.
Malgré la faible virulence du virus actuellement constatée et les réponses énergiques déployées par les gouvernements, ce dernier événement doit inciter à rester vigilants et mobilisés.
en savoir plus : sur le blog Grippe aviaire.

vendredi 16 octobre 2009

Directeur National des Risques : Quid ?

A lire dans le dernier numéro de Riskassur (pages 10 à 19) :
Profession : Directeur National des Risques
Article rédigé par le Professeur Jean-Paul Louisot, dont voici quelques extraits (un extrait plus complet est disponible sur le site de Riskassur) :
"Quand verra-t-on un risk-manager dans chaque ministère ?
C'est en cours de réalisation en Grande-Bretagne.
A quand le risk-manager de la république ?"

"la gestion des risques, limitée à l'achat d'assurance pour protéger le patrimoine physique d'une organisation donnée, est devenue totalement obsolète. Elle doit faire place à une vision globale et dynamique, intégrant en particulier les risques du réseau logistique, les risques de réputation, en un mot l'ensemble des dangers, réels ou perçus par l'ensemble des parties prenantes mais surtout s'étendre à l'ensemble des acteurs de la société...
nous suggérons une nouvelle appellation pour rendre ce développement, celui de « gestion stratégique des risques » qui soulignent l'interaction avec la stratégie de l'organisation, la responsabilité ultime des dirigeants. Il est clair que le terme générique d'organisation regroupe ici les entreprises industrielles et commerciales, bien entendu mais également les établissements de soin, les collectivités territoriales. Mais même cette échelle peut se révéler insuffisantes et ce sont les états eux-mêmes, voire les sous-région, qui doivent concevoir des politiques de gestion des risques globales débordant les fonctions régaliennes traditionnelles, sécurité interne (police et gendarmerie) et externe (forces armées) et qui intègreraient la complexité et la fluidité du système complexe qu'est devenu le monde !
La société, la ville, la région, mais in fine la nation elle-même, comme toute organisation doivent donc apprendre à optimiser la prise de risque
Les sociétés de plus en plus vulnérables avec des risques de plus en plus interconnectés dans des systèmes complexes appellent donc bien la mise en place de solutions globales au niveau des états pour les aider à identifier, analyser et classer les risques pour préparer les réponses qui s'imposent. Un directeur national des risques pourrait être la clé de voûte pour la mise en place d'un processus systématique de gestion des risques en incarnant la politique proactive de l'état.
les états ne semblent pas avoir encore vraiment compris le besoin de développer leur version de ce que le privé appelle aujourd'hui ERM (entreprise-wide risk management) alors même que la complexité croissante des interconnections entre les acteurs publics et privés transfrontières supposeraient par delà même chaque état, d'établir une coopération internationale pour une gestion globale et intégrée des risques seule garante d'un véritable développement soutenable au service de tous les hommes, d'aujourd'hui et de demain. ..."
L'intégralité de cette étude écrite par le Professeur Jean-Paul Louisot, est disponible dans le numéro 146 de RiskAssur-hebdo du 16 octobre 2009. Abonnement gratuit depuis le site internet du magazine
en savoir plus en lisant :
- site de l'association britannique ALARM, Association for local authority risk managers (« the National Forum for Risk Management in the Public Sector »)
- Gouvernance Publique du risque et émergence d’une culture spécifique dans la fonction publique, Riskassur Numéro 84 du 20 juin 2008, pp. 16 à 18
- Notion de sécurité globale, Riskassur Numéro 74 du 11 avril 2008, pp. 08 et 09

jeudi 15 octobre 2009

un sous-officier de l'armée américaine décède de la grippe A H1N1

A lire sur le blog The Tension : un sous-officier de l'armée de l'air US est décédé le 4 octobre 2009 des suites de complications médicales après avoir contracté le virus de la grippe A H1N1.
A l'heure où le format des armées est de plus en plus réduit, ce décès pose la question d'une vaccination prioritaire de certains corps essentiels à la survie de l'Etat : les professionnels de santé, les secours d'urgence, les forces de police et les armées, notamment.
Peu d'articles paru dans la presse à grande audience ce sont intéressés à cet épineux problème éthique : pour la survie de la cité, qui doit-être prioritaire ?
Autre question à résoudre : si la pandémie frappe de plein fouet le pays, les missions de Défense à l'étranger (opérations extérieures) doivent-elles être maintenues ?
Le plan gouvernemental pandémie semble avoir tranché puisqu'il énonce dans le chapitre "Priorités particulières" relatives à la Défense :
"missions de continuité de l’action gouvernementale pour la préservation des fonctions militaires stratégiques ; missions de coopération civilo-militaire dans les domaines de la continuité gouvernementale, de la contribution à la sécurité et de l’assistance à lapopulation."
Rappel du Livre Blanc sur la Défense et la Sécurité Nationale (paru en 2008) :
"La protection et l’intervention doivent permettre à l’État, la première, d’assurer sur le territoire national la sécurité des citoyens, de la société et de la vie économique, la seconde, de donner à la sécurité nationale, en étroite coordination avec nos partenaires européens et nos Alliés, la profondeur, la capacité d’adaptation et la mobilité nécessaires à toute stratégie de défense dans le monde du XXIe siècle."
Pour assurer cette préservation de la fonction "intervention", les militaires en opérations extérieures seraient vraissemblablement maintenus sur leur théâtre d'opération, tandis qu'une capacité d'intervention face à d'autres crises extérieures serait également préservée et ajustée selon la situation nationale, comme le déclare le plan pandémie en page 83 :
"Le ministre de la défense concourt à la préparation du dispositif national et prend toutes mesures nécessaires pour préserver les fonctions militaires stratégiques et, en situation de pandémie, pour permettre le concours des armées aux missions de défense civile dans la limite des effectifs rendus disponibles par le fonctionnement en mode dégradé du ministère et l’attrition due à la pandémie."

mercredi 14 octobre 2009

Guide canadien pour préparer la population à affronter la grippe A H1N1

Le gouvernement du Canada a lancé aujourd'hui un guide de préparation à la grippe A (H1N1) qui s'adresse directement à la population. La ministre de la Santé a rappelé que «chaque Canadien a un rôle à jouer pour prévenir la propagation du virus». Le guide sera également sur le site http://www.combattezlagrippe.ca/ La vaccination contre le virus de la grippe A (H1N1) débutera en novembre au Canada.

En savoir + : sur le blog "grippe aviaire"

lundi 12 octobre 2009

EVALUER LES RISQUES TERRORISTES ?

La sortie du livre Terrorisme et antiterrorisme au Canada (Presses de l’Université de Montréal, 1er septembre 2009) pose, notamment, la question d'une évaluation des risques terroristes. Est-il pertinent de les évaluer froidement à l'aune d'une matrice croisant probabilité et risque ? Un tel exercice reviendrait à considérer ce risque comme quasiment nul sur le territoire canadien (pas d'attentat répertorié depuis 1985). Dès lors, la question de l'engagement des troupes canadiennes dans la guerre contre le terrorisme (GWOT, Global War On Terror) engagée de manière pré-emptive (au sens américain de preemption) en Afghanistan pourrait se poser. La prévention d'un risque terroriste, estimé comme quasi-négligeable, mérite-t-elle l'engagement des troupes dans un conflit lointain ?
Mais, face au terrorisme, face à cette menace pesant sur nos démocraties et remettant en cause nos idéaux, les schémas objectifs et froids ne tiennent pas et l'évaluation du risque ne saurait être simplificatrice.
Telles sont les pistes de réflexions vers lesquelles nous oriente ce livre dont voici l'extrait de présentation :

"La menace terroriste, si elle doit être conçue comme la probabilité qu’un incident hautement destructeur se produise au Canada, est pratiquement nulle. Plus précisément, elle est si infinitésimale qu’il est impossible de l’évaluer. Expliquons : il existe deux manières expertes d’évaluer les risques d’un tel attentat.
La première consiste à construire une matrice à deux variables : d’une part, la probabilité mathématique qu’un attentat survienne, d’autre part, la gravité des conséquences d’un tel attentat. On jugera que le risque est « élevé » si les probabilités sont hautes et les conséquences très graves, et « faible » si au contraire les chances sont faibles et les conséquences négligeables. Dans le cas d’un acte terroriste spectaculaire, nous sommes dans une situation difficile : les conséquences seraient sans doute très graves en termes de pertes de vies, de blessures et de dommages matériels, sans compter l’« effet secondaire » du terrorisme, la terreur ou, de façon moins théâtrale, la perte de confiance et le sentiment d’insécurité causé chez les témoins et spectateurs. Par contre, l’évaluation de la probabilité est hautement problématique. En général les experts se basent sur l’observation d’actes similaires. Or, au Canada ces actes sont si rares (le dernier remontant à 1985) que toute opération mathématique est rigoureusement impossible, reléguant l’exercice à une pure spéculation.
La seconde manière d’estimer le risque est beaucoup plus subjective encore et consiste à estimer la menace à partir de données sélectionnées à l’avenant dans l’actualité internationale. Par exemple, le fait que ben Laden ait mentionné le Canada dans sa liste d’États ennemis, en novembre 2002 (en fait il s’agissait simplement de la liste des nations ayant participé à l’invasion de l’Afghanistan) pourrait être interprété comme une menace plus ou moins imminente, selon l’opinion de l’analyste (et le temps qui passe).
Cela dit, si on accepte dans la catégorie « terrorisme » les actes beaucoup moins spectaculaires et dangereux, mais qui restent des formes de violence politique visant à contraindre, au contraire le risque doit être compris comme tout près du 100 %, à chaque année. En effet, il est presque certain qu’un faible nombre d’attaques contre des écoles juives, contre des installations de distribution d’énergie ou contre des monuments ou symboles se produiront.
Pour plusieurs raisons, l’idée que le Canada peut prévenir les attaques terroristes est farfelue — bien qu’on puisse bien sûr se préparer aux urgences et mettre sur pied des stratégies de minimisation des dégâts et d’aide aux victimes. Il n’est pas exclu, bien entendu, que certains complots soient déjoués. C’est toutefois chose très rare et à l’analyse des complots découverts récemment au Canada et aux États-Unis, on ne peut que remarquer leur amateurisme flagrant et leur faible potentiel de réussite. Premièrement, l’évolution du terrorisme international doit être prise en considération. Les cas d’attaque réellement internationale (déclenchée, financée ou téléguidée de l’extérieur du pays ciblé) sont en baisse extrêmement prononcée depuis une dizaine d’années. Leur rareté leur donne une imprévisibilité qui défie toute prévention : il n’y a pas de pattern, de modèle détectable. Cependant, la majeure partie des actes terroristes se produisant dans les pays occidentaux sont le fait d’individus nés dans le pays qu’ils attaquent ou naturalisés de longue date, fraîchement radicalisés et peu préparés. Cela signifie que leurs actes seront relativement inusités (voire farfelus) et rapidement organisés — donc aussi difficiles à détecter à l’avance. Deuxièmement, étant donné le nombre pratiquement infini de cibles vulnérables qui existent dans une société comme la nôtre, miser sur la protection est peu prometteur. Il n’existe pas de moyen de se parer contre une attaque dans le métro de Montréal ou de Toronto, par exemple — attaque qui ne brillerait pas par son originalité, ce genre d’infrastructure étant une cible populaire auprès des terroristes. On pourrait aussi faire exploser une citerne ou un wagon chargé de phosgène (élément principal à la source de la catastrophe de Bhopal) à son passage dans un quartier résidentiel, ou déverser du chlore dans le système de ventilation d’un édifice du centre-ville. La liste des possibilités est infinie et la plupart requiert très peu de moyens financiers, des compétences approximatives et une préparation minimale. "

Table des matières
PORTRAIT DU TERRORISME AU CANADA
1 : Comment définir le terrorisme ?
2 : Les buts du terrorisme
3 : L’évolution du terrorisme au Canada, 1973-2006
4 : Les causes célèbres
5 : Ahmed Ressam, produit d’un réseau terroriste
6 : Informatique et cyberterrorisme
RÉPONSES CANADIENNES AU TERRORISME
7 : Le terrorisme, crime ou acte de guerre ?
8 : La militarisation de la lutte antiterroriste au Canada
9 : Le Canada et les normes internationales antiterroristes
10 : Antigangstérisme et antiterrorisme
11 : La peur du terrorisme : les usagers des transports en commun
12 : Le langage du terrorisme dans la sphère géopolitique
Pour en savoir plus :

LAURENT MURAWIEC

La disparition de Laurent MURAWIEC, la semaine dernière, est passée largement inaperçue dans la blogosphère stratégique.
Parmi les grands médias, seule RFI y a consacré un article.
Cette disparition éclairait pourtant d'une manière singulière la création de l'IRSEM.
Laurent MURAWIEC écrivait ainsi dans son livre la Guerre au XXIeme siècle dans un sous-chapitre intitulé "le débat stratégique en France" :
"Il est de toute façon nécessaire et urgent de soumettre à nouveau la défense à l'air frais du débat public. La défense en France n'est pas dans le domaine public. Mesurons-le à l'aune de la fréquence et de la taille des articles consacrés aux affaires de défense dans les quotidiens, les hebdomadaires et à la télévision. La vieille inimitié entre une intelligentsia marquée par l'antimilitarisme et l'armée en tant qu'institution vivement anti-intellectualiste, une grande Muette retirée sur son Aventin, boudant une société civile qui ne lui a pas témoigné trop d'égards, l'extinction du débat militaire public et doctrinal après 1958 en sont des causes sérieuses. L'ignorance pure et simple en est une autre : trop de décideurs n'ont pas fait le service national. Mais l'ignorance est due avant tout à l'absence d'un débat public large et continu. Non qu'il faille "communiquer", c'est-à-dire envoyer des paquets de pseudo-information calibrés en spots publicitaires pour l'édification de la populace. Ce n'est pas affaires de relations publiques. Pour réinsuffler les affaires de défense dans le domaine public, il faut créer un nouveau partenariat engageant un grand nombre d'intervenants. Il faut que le cadre institutionnel s'ouvre et se renforce. Les études militaires, les études stratégiques, les études de défense en général, sont en France enfermées dans un ghetto. Les instituts et organismes qui en ont la charge sont cachés et protégés du public par de hauts murs..."
Certes, la personnalité controversée de Laurent MURAWIEC, devenu un des néoconservateurs américains les plus radicaux, peut expliquer cette faible reconnaissance médiatique lors de sa disparition.
Cependant, c'est tout de même l'auteur d'une traduction de Clausewitz (De le Guerre) qui fait date. De nombreux points de son ouvrage la Guerre au XXIeme siècle demeurent pertinents. C'est enfin un des rares stratégistes à avoir eu la parole dans la revue Commentaires (numéros 83 et 85) pour ses articles sur : "La révolution dans les affaires militaires" et "Clausewitz et la pensée de l'incertain"
Sans vouloir porter de jugement, je trouve cependant désolant que de nombreux utilisateurs de sa traduction de Clausewitz ne lui est pas rendu l'hommage mérité.