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mardi 15 juin 2010

H1N1 : Pandémie grippale et ressenti des entreprises - un RETEX du HCFDC

Alors que l'on attend les résultats des débats du lundi 14 juin 2010 ("gestion des pandémies : H1N1, et si c’était à refaire ?"), il est utile de lire le RETEX ("Position Paper") établi par le HCFDC (Haut Comité Français pour la Défense Civile) sur "la gestion de la crise de la pandémie grippale dans les entreprises et le rapport de ces dernières avec l’Etat".
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On y apprend que les entreprises ont su être réactives, qu'elles ont profité de l'événement pour tester leurs plans de continuité d'activité (PCA), de les actualiser et surtout d'en mesurer l'utilité.
Toutefois, les entreprises ont un "sentiment mitigé" sur la gestion étatique de la pandémie et reprochent notamment à l'Etat un déficit de "lisibilité" et de "communication" : extraits :
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"Face à un dispositif ressenti comme mal adapté et souvent mal compris, tant dans la population, que dans les directions d’entreprises, la gestion de cette crise a généré des incompréhensions et interrogations face à une communication stratégique déficiente de l’Etat et au « non-dit » sur certaines mesures évoquées dans les plans (absence de visibilité et de critères sur les prises ou non prises de décisions).

"les contributeurs à ce rapport pensent que la faiblesse de la communication stratégique et de la planification avec la société civile sont les raisons majeures des difficultés rencontrées dans la gestion de cette crise « larvée », pourtant très fortement préparée par l’Etat."

dimanche 13 juin 2010

gestion de la pandémie H1N1 : et si c’était à refaire ?

Demain, Lundi 14 juin 2010, une "AUDITION PUBLIQUE OUVERTE À LA PRESSE" aura lieu à l'assemblée nationale sur le thème : "gestion des pandémies : H1N1, et si c’était à refaire ?"
Interviendront notamment :
  • M. François Heisbourg, conseiller spécial pour la fondation pour la recherche stratégique
  • M. Patrick Lagadec, directeur de recherche à l’Ecole Polytechnique, spécialiste du pilotage des crises hors cadre
  • M. Emmanuel Hirsch, professeur à l’Université Paris-Sud XI

Cette journée permettra de répondre qux questions suivantes :

  • Comment s’assurer de la fiabilité des informations disponibles ?
  • Comment croiser ces informations avec les plans pré-établis ?
  • Comment associer les citoyens aux décisions ?
  • Comment organiser l’action publique ?

Organisée par Jean-Pierre Door, député et Mme Marie-Christine Blandin, sénatrice, co-rapporteurs de l’étude de l’OPECST (OFFICE PARLEMENTAIRE D’ ÉVALUATION
DES CHOIX SCIENTIFIQUES ET TECHNOLOGIQUES) sur la mutation des virus et la gestion des pandémies cette journée "propose sous le thème « Et si c’était à refaire? » une réflexion sur la manière dont une telle crise sociétale pourrait être prévenue et gérée différemment en tenant compte des retours d’expérience et des variables entre degré de gravité estimé et constaté. La restauration de la confiance en l’expertise par des garanties d’indépendance fait partie du débat."

Le programme est disponible sur le site de l'assemblée nationale

rappel de mes billets précédents traitant de ces retours d'expérience sur la grippe A H1N1 :
RETOUR SUR LA GRIPPE A H1N1 : le "diktat" du principe de précaution

RETOUR SUR LA GRIPPE A H1N1 : audition de Roselyne Bachelot cet après-midi
RETEX GRIPPE A H1N1 : Réflexion historique sur l’échec vaccinal de 2009RETEX GRIPPE A H1N1 : "un échec ou un non-succès, sur les raisons duquel il convient de s’interroger"
RETEX GRIPPE A H1N1 : un "échec à méditer"
RETEX GRIPPE A H1N1 : audition de la ministre et des laboratoires par le Sénat
RETEX GRIPPE A H1N1 : commission d'enquête parlementaire et OMS
commission d’enquête parlementaire sur la grippe A H1N1
RETEX sur la grippe A H1N1 : première contribution de Patrick LAGADEC
Grippe A H1N1 et Principe de précaution
Retour sur la grippe A H1N1 : sur-réaction ou sagesse mal comprise ?

mercredi 31 mars 2010

RETOUR SUR LA GRIPPE A H1N1 : le "diktat" du principe de précaution

"On a mis en place un processus excessif pour ne pas être en défaut".
C'est le "diktat du principe de précaution".
"il n'y a pas une once de bon sens dans les décisions".
Tels sont les mots très critiques employés par le député-maire de Drancy, Jean-Christophe Lagarde (Nouveau Centre) et président de la commission d'enquête de l'Assemblée nationale sur la grippe H1N1.
Les travaux de cette commission débutent aujourd'hui et devrait durer plusieurs mois. Comme je l'ai déjà relevé, une autre commission se tient au sénat sur le rôle des firmes pharmaceutiques. On peut regretter que les deux chembres n'aient pas uni leurs efforts pour mener ce retour d'expérience.
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Quoiqu'il en soit, et pour avoir le recul qui convient, je ne peux que vous recommander de lire sur lire sur La vie des idées : Le risque et la multitude - Réflexion historique sur l’échec vaccinal de 2009. Je vous en ai déjà parlé dans un post précédent (RETEX GRIPPE A H1N1 : Réflexion historique sur l’échec vaccinal de 2009 ) mais il est frappant de constater qu'au XVIIIème siècle déjà la population refusait de faire confiance aux élites et se comportait face au risque de manière irrationnelle. Ces retours historiques et les études sociologiques devraient permettre de meiux gérer ces événements à l'avenir...
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rappel de mes billets précédents traitant de ces retours d'expérience sur la grippe A H1N1 :

mercredi 17 mars 2010

RETEX GRIPPE A H1N1 : Réflexion historique sur l’échec vaccinal de 2009

A lire sur La vie des idées : Le risque et la multitude - Réflexion historique sur l’échec vaccinal de 2009 par Jean-Baptiste Fressoz (historien des sciences, des techniques et de l’environnement, actuellement en postdoc à l’université de Harvard. Sa thèse (EHESS/IUE), intitulée « La fin du monde par la science, innovations, risques et régulations de l’inoculation à la machine à vapeur, 1750-1850 », fera l’objet d’une publication aux éditions Gallimard en 2011).
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EXTRAITS :
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"On critique surtout la communication du gouvernement et son incapacité manifeste à convaincre de la nécessité de se faire vacciner. L’argument de cet article est différent : il consiste à dire que l’échec vaccinal de 2009 est, plus profondément, celui du risque en tant que technologie de conviction et celui de la communication en tant que forme politique.
[...]
Au XVIIIe siècle, la variole était une maladie universelle
Introduite en Angleterre dès les années 1720, l’inoculation demeure presque inconnue en France jusqu’en 1754, année [où] le géomètre et académicien Charles Marie de La Condamine lit à l’Académie des Sciences un mémoire en sa faveur. Le plus révolutionnaire dans ce mémoire réside dans la figure nouvelle créée par La Condamine : celle du géomètre directeur de conscience. Aux scrupules moraux des parents qui hésitent à inoculer leurs enfants, il oppose des théorèmes : « Le père doit-il exposer son fils volontairement ? » La Condamine répond : « Oui, et je le démontre »
Cette démonstration est fondée sur la comparaison des risques : le risque de mourir de la petite vérole naturelle au cours de sa vie est de 1 sur 9, le risque de mourir de l’inoculation est d’environ 1 sur 300. Tout individu raisonnable doit choisir de courir le moindre risque....
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POUR ALLER PLUS LOIN
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mes précédents billets sur le RETEX de la grippe A H1N1
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vendredi 19 février 2010

RETEX GRIPPE A H1N1 : "un échec ou un non-succès, sur les raisons duquel il convient de s’interroger"

Le site de l’Assemblée nationale vient de mettre en ligne le rapport fait par M. Jean-Luc Préel, député, sur la proposition de résolution tendant à la création d’une commission d’enquête sur la manière dont a été programmée, expliquée et gérée la campagne de vaccination contre la grippe A (H1N1). Ce rapport est suivi par les débats de la commission des affaires sociales, qui ont eu lieu au cours de la séance du 16 février 2010.
Le débat et le vote à l’assemblée validant cette résolution ont été prévus pour le 24 février prochain.
De ce rapport et des débats, ressortent une fois encore :
  • le recours exorbitant au principe de précaution
  • la responsabilité des médias, qui ont entretenu à la fois des attitudes anxiogènes et de défiance
  • les doutes sur la pertinence objective des experts
  • le manque de pilotage de la crise, qui n'a pas permis d'en infléchir le processus.

Je vous mets ci-dessous quelques extraits :

EXTRAITS DU RAPPORT :
«
En France, la mise en œuvre du plan national de prévention et de lutte contre la pandémie grippale a conduit à arrêter un volet « prise en charge », avec l’acquisition d’importants moyens de protection : un milliard de masques chirurgicaux destinés aux malades, plus de 900 millions de masques de protection de type FFP2 pour les personnes particulièrement exposées, notamment les professionnels de santé, et enfin 33 millions de traitements antiviraux
La campagne de vaccination a été officiellement lancée par la ministre de la santé et des sports le 20 octobre dernier
Près de 11 000 lieux de vaccination ont été mis en place sur le territoire afin d’assurer cette vaccination collective.
Le nombre de personnes vaccinées, environ 5,6 millions, est resté cependant relativement modéré, notamment en proportion du nombre de vaccins acquis. Se pose donc aujourd’hui la question de la gestion des stocks de vaccins non utilisés.»

EXTRAITS DU DEBAT
« Mme Marisol Touraine :
pour quelles raisons a-t-il été décidé de proposer la vaccination à l’ensemble de la population et non pas seulement aux populations à risque ?
Les experts qui ont été consultés étaient-ils indépendants ? Dans quelle mesure la transparence a–t-elle été assurée ? Pourquoi les médecins ainsi que la vaccination en milieu professionnel ont-ils été écartés du dispositif ?

M. le rapporteur (Jean-Luc Préel) :
après la déclaration de pandémie, peu de personnes ont été vaccinées, ce qui constitue un vrai problème de santé publique et un échec ou un non-succès, sur les raisons duquel il convient de s’interroger, en vue notamment de préparer un plan plus efficace en cas de nouvelle pandémie.

M. Jean-Pierre Door.
comme d’habitude en France, on discute stratégie alors que la guerre n’est pas terminée.
L’heure n’est pas au ton accusateur, ni à la recherche de boucs émissaires, mais plutôt à la réflexion sur la meilleure réponse face à une pandémie et à un virus imprévisible, dans le cadre du principe de précaution, qui nous oblige probablement à exagérer la menace de manière excessive.
La crise a mis en lumière quelques difficultés au niveau de l’opinion publique comme au niveau sociétal.
Les dysfonctionnements constatés ne concernent pas, à titre principal, les décisions appliquées à partir du plan national. Il s’agit surtout d’une crise de confiance de l’opinion publique et d’un déni de la réalité du risque. Il serait trop facile de pointer du doigt la seule responsabilité des autorités sanitaires.
Les évènements se sont succédés de manière très complexe
Évitons donc de faire le procès de la prudence et de faire grief au pouvoir politique d’en faire trop plutôt que pas assez.
Je pense que tout responsable en charge de la politique nationale de santé aurait réagi de la même façon, en appliquant le principe de précaution et en prenant soin de la protection de la population.

Mme Jacqueline Fraysse
tout le monde sait qu’il est impossible de prévoir l’évolution d’une pandémie ou de connaître la virulence d’un nouveau virus et personne ne saurait être accusée de ne pas savoir lire dans le marc de café
le champ de la commission d’enquête est trop restrictif et omet de poser diverses questions quant au défaut d’instruments de pilotage permettant de faire évoluer les dispositifs mis en place

M. Michel Issindou
Il y a eu trois acteurs dans cette crise : les experts, les médias et les décideurs politiques.
Le principe de précaution n’a-t-il pas rendu les politiques trop frileux vis-à-vis des experts?

POUR CONCLURE :

Le 17 février, Jean-Pierre Door (UMP), député, et Marie-Christine Blandin (Verts), sénatrice, ont présenté à l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) un rapport d'étape sur la mutation des virus et la gestion des pandémies (info récupérée sur WK Pharma)

Ils recommandent notamment l'élaboration d'un plan plus souple contre une pandémie grippale « modérée », prévoyant des mesures davantage proportionnées que le plan actuel, « trop rigide et conçu pour une situation extrême ». Il préconise aussi « d’envisager des phases intermédiaires entre les phases 5 et 6 [NdlR : phase d'alerte maximale], permettant des mesures davantage proportionnées et graduées ».Le rapport propose également la mise en place « d’un dialogue avec les professions de santé pour les associer à la définition des mesures du nouveau plan pandémie »

Dès que je l'aurai, je mettrai le lien vers ce rapport.

POUR ALLER PLUS LOIN

RAPPORT "Face à la grippe A(H1N1) et à la mutation des virus, que peuvent faire chercheurs et pouvoirs publics ? " (compte rendu de l’audition publique du 1er décembre 2009)

mes précédents billets sur le RETEX de la grippe A H1N1
RETEX GRIPPE A H1N1 : un "échec à méditer"
RETEX GRIPPE A H1N1 : audition de la ministre et des laboratoires par le Sénat
RETEX GRIPPE A H1N1 : commission d'enquête parlementaire et OMS
commission d’enquête parlementaire sur la grippe A H1N1
RETEX sur la grippe A H1N1 : première contribution de Patrick LAGADEC
Grippe A H1N1 et Principe de précaution
Retour sur la grippe A H1N1 : sur-réaction ou sagesse mal comprise ?

mercredi 17 février 2010

RETEX GRIPPE A H1N1 : Roselyne Bachelot justifie sa politique

Alors que le gouvernement sud-africain craint une épidémie de grippe A durant la Coupe du Monde en juin prochain, et comme je vous l'avez déjà annoncé dans mes précédents billets, Roselyne Bachelot devra expliquer au parlement la gestion gouvernementale de la grippe A.
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Devant cette commission d'enquête parlementaire, comme le révèle l'Express ("Roselyne Bachelot justifie sa politique concernant la grippe A"), la ministre de la santé "exhumera les documents prouvant que les informations étaient, au début de la pandémie, extrêmement alarmistes. Son cabinet a retrouvé un télégramme diplomatique, en provenance de l'ambassadeur de France à Mexico, assurant, à l'apparition du virus, que les chiffres communiqués par les autorités mexicaines étaient inférieurs à la réalité de 1 à 10."
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De son côté, Le Monde avec AFP et Reuters ("Vers une commission d'enquête sur la grippe A") nous confirme que le principe de cette commission d'enquête a été adopté hier à l'assemblée nationale à la demande du Nouveau Centre.
"Le NC veut notamment comprendre :
  • les raisons de la faiblesse du nombre de vaccinations,
  • l'influence des campagnes anti-vaccins
  • et se pencher sur la gestion des vaccins et des stocks de médicaments.

La commission sera définitivement acceptée lors d'un vote des députés mercredi 24.

Une fois l'ultime feu vert donné, la commission d'enquête composée de 30 députés sera alors constituée.
Elle disposera alors de 6 mois pour enquêter "sur la manière dont a été gérée la campagne de vaccination de la grippe A (H1N1) dans le but de faire des propositions au gouvernement pour rendre plus opérationnels, efficaces et réalistes nos futurs plans de vaccination contre les pandémies"."

De son côté, le Sénat Le Sénat a décidé le 11 février de créer une commission d'enquête sur le rôle des firmes pharmaceutiques dans la gestion de la lutte contre la grippe A.
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Il est curieux et peut-être dommage, qu'une seule commission d'enquête commune aux deux chambres ne soit pas mandatée pour orchestrer ce retour d'expérience. Il conviendra désormais d'être attentif aux résultats de ces deux commissions d'enquête parlementaires sur la grippe A H1N1.
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Pour aller plus loin : mes précédents billets sur le RETEX de la grippe A H1N1

samedi 30 janvier 2010

RETEX GRIPPE A H1N1 : un "échec à méditer"

Dans Vaccination - l'échec à méditer (LEMONDE.FR, 29.01.10), le député (PS) Gérard BAPT , rapporteur spécial de la "mission santé" pour la commission des finances, revient sur la gestion de la grippe A H1N1.
Selon lui "l'échec est avéré". Il s'agit d'un triple échec : économique, moral et de communication.
Constatant que seulement "5 % de la population ont été vaccinés" (les chiffres divergent selon les sources), il stigmatise la "gestion totalement étatique de la crise sanitaire" et "l'application mécaniste du principe de précaution".
Au-delà de la charge politicienne contre MME Roselyne BACHELOT, cet article propose, lors de l'analyse critique de cette crise sanitaire, de se poser les bonnes questions :
  • quelle stratégie face à la prochaine pandémie ?
  • comment expliquer la décision politique, pour entraîner l'adhésion de la population ?

Parmi les éléments à noter, Gérard BAPT reproche l'entêtement vers la vaccination de masse, qui se révélé injustifié. Selon le député, on n'a pas tenu compte de la mission parlementaire sur la grippe aviaire de 2006, qui avait indiqué que le développement d'une pandémie pourrait être enrayé par la vaccination du tiers de la population. Et surtout, on a appliqué le principe de précaution en "le transformant en protection politique... et juridique !"

Concernant l'adhésion de la population, Gérard BAPT note qu'elle aurait pu être obtenu en impliquant les médecins (médecine de premier recours) ; en créant une mission d'information parlementaire dès le début de la crise et en créant une vraie transparence des débats d'expertise scientifique.

Constatant que "dans des pays à haut niveau d'éducation et à l'heure d'Internet" cette confiance est aujourd'hui plus difficile à obtenir, Gérard BAPT plaide pour "faire du principe de précaution un processus délibératif ouvert sur la société".

Mes précédents billets sur le RETEX de la grippe A H1N1 :

RETEX GRIPPE A H1N1 : audition de la ministre et des laboratoires par le Sénat
RETEX GRIPPE A H1N1 : commission d'enquête parlementaire et OMS
commission d’enquête parlementaire sur la grippe A H1N1
RETEX sur la grippe A H1N1 : première contribution de Patrick LAGADEC
Grippe A H1N1 et Principe de précaution
Retour sur la grippe A H1N1 : sur-réaction ou sagesse mal comprise ?

samedi 23 janvier 2010

RETEX GRIPPE A H1N1 : audition de la ministre et des laboratoires par le Sénat

« Pandémie grippale H1N1 : la commission des affaires sociales entend les laboratoires pharmaceutiques et la ministre de la santé »
Le 20 janvier, la commission des affaires sociales du Sénat a entendu :
  • la ministre de la santé, Roselyne Bachelot-Narquin
  • les 4 laboratoires pharmaceutiques fournisseurs de vaccins (GlaxoSmithKline, Sanofi Pasteur, Novartis et Baxter).

« Les sénateurs ont longuement interrogé la ministre sur l'organisation du dispositif de vaccination et ses dysfonctionnements. Roselyne Bachelot-Narquin a rappelé les raisons du choix de proposer la vaccination à l'ensemble de la population. Aux sénateurs qui relevaient le succès plus que relatif de cette campagne, elle a objecté que 10 % de la population y ont déjà eu recours, ce qui place la France au troisième rang mondial après la Suède et le Canada. Ce taux devrait encore s'accroître du fait de l'approvisionnement dans les tout prochains jours des 22 000 pharmacies de France en vaccins monodoses qui pourront dès lors être facilement mis à disposition des médecins libéraux. Précisant que la campagne de vaccination nationale se poursuivra jusqu'en septembre, elle a souligné la nécessité de maintenir la mobilisation, l'épidémie pouvant connaître un nouveau pic dans les prochains mois ou à l'automne. »

Une enquête sur le bon usage des fonds consacrés à la lutte contre la pandémie a été demandée à la Cour des comptes (résultats attendus courant 2010)

Ces auditions ont permis de lever certaines interrogations portant sur :

  • les clauses de responsabilité
  • les résiliations de commandes
  • conditionnement en flacons multidoses

clauses de responsabilité contenues dans les contrats d'acquisition :

  • l'Etat est responsable de l'organisation de la campagne de vaccination de masse qu'il a choisi de mettre en œuvre
  • les laboratoires sont responsables des produits défectueux

"La ministre de la santé a précisé que les laboratoires ont tenté d'obtenir une clause d'exonération de leur responsabilité du fait des produits défectueux, mais que l'unité des pays membres de l'Union européenne sur cette question a permis de résister à cette demande, ce qui n'a pas été le cas ailleurs, en particulier aux Etats-Unis"

résiliations de commandes : portent sur 50 millions de doses :

  • 32 millions de doses pour GSK
  • 11 millions pour Sanofi Pasteur
  • 7 millions pour Novartis

Les laboratoires ont fait état de pertes de chiffres d'affaires de 300 millions d'euros. Une partie des vaccins pourra toutefois être revendus aux pays de l'hémisphère sud. Ces vaccins commandés sont d'ores et déjà fabriqués.

conditionnement en flacons multidoses :

  • ce choix a été contesté pour avoir fait obstacle à la vaccination dans les cabinets libéraux et être à l'origine de gaspillages
  • il était imposé par la nécessité d'engager la campagne de vaccination le plus rapidement possible.

Mes précédents billets sur le RETEX de la grippe A H1N1 :

jeudi 21 janvier 2010

RETEX GRIPPE A H1N1 : commission d'enquête parlementaire et OMS

Je vous avais annoncé sa création dans mon billet du vendredi 15 janvier 2010 : "commission d’enquête parlementaire sur la grippe A H1N1".
La commission d'enquête parlementaire sur la gestion de la grippe A H1N1 va effectivement être créée. La nouvelle vient d'être annoncée par Bernard Accoyer, le président de l'Assemblée nationale.
Par ailleurs, lors du conseil exécutif de l'OMS, Margaret Chan a reconnu certains problèmes dans la gestion de la pandémie :
« Nous avions prévu qu'il y aurait des problèmes pour produire des vaccins suffisamment rapidement (...), mais nous n'avions pas prévu que les gens décideraient de ne pas se faire vacciner ». Selon elle, « l'époque où les responsables de la santé pouvaient donner leurs recommandations (...) et attendre que les populations s'y plient est sans doute révolue ».
Il s'agit maintenant de suivre, collecter et analyser ces éléments de RETEX.
Mes précédents billets sur le RETEX de la grippe A H1N1 :

Voir aussi :

dimanche 17 janvier 2010

RETEX sur la grippe A H1N1 : première contribution de Patrick LAGADEC

Dans "LA DRÔLE DE GRIPPE" Pandémie grippale 2009 : essai de cadrage et de suivi (Cahier de recherche n° 2010-03, Département d'Economie, Ecole Polytechnique, janvier 2010) Patrick LAGADEC apporte ses premiers éléments de réflexions pour servir au futur RETEX de ce événement.
Comme je le disais dans mon billet du 15 janvier 2010, une commission d’enquête parlementaire sur la grippe A H1N1 devrait bientôt voir le jour.
Peut-être s'appuiera-t-elle en partie sur les travaux de Patrick LAGADEC. Toujours est-il, que cette contribution (sur laquelle nous reviendrons) appelle, en première approche, les commentaires suivants :
  • Patrick LAGADEC stigmatise un mode de pensée militaire (les métaphores militaires, à commencer par le titre - "La Drôle de grippe" - abondent), qui en serait rester à des schémas simples voire simplistes : "La machinerie commence à s’ouvrir aux réalités d’une société devenue complexe, qui ne peut plus être régentée à partir d’un GQG militaire, digne de 1870 ou de 1914, d’où partiraient des ordres pour exécution sur la ligne de front." Lagadec va parfois jusqu'à réfuter la capacité des militaires à gérer ce type de crise ("Dans le sillage de Katrina, aux Etats-Unis, l’exécutif mit en avant l’importance nouvelle à donner aux autorités militaires en cas de situation intérieure gravissime. Les chercheurs se sont insurgés, soulignant les dangers d’une telle perspective. Ainsi Kathleen J. Tierney pointa le risque d’une militarisation du domaine des crises ... - p44). Cette vision du monde militaire à la hiérarchie sclérosante et productrice de pensée unique semble excessive, voire injuste, car les militaires (et encore plus dans leurs engagements récents) ont appris à se confronter à l'impensable et à réagir avec des méthodes inédites.
  • Patrick LAGADEC livre des éléments de terrain précieux jusqu'à ce témoignage d'un acteur militaire qui livre cette confession : "Je fais des expériences de méthode de travail pour éviter que le délégué de zone ne vienne défaire systématiquement ce que les équipes proposent de mettre en place au niveau local. Je crois que je ne suis pas fait pour la fonction militaire. » (p.84)
Pour aller plus loin :
- mes billets sur

- les billets de SD sur son blog "Pour convaincre, la vérité ne peut suffire", traitant de la grippe

vendredi 15 janvier 2010

commission d’enquête parlementaire sur la grippe A H1N1

"ce qui n’a pas fonctionné doit nous servir
à préparer un plan réellement opérationnel, efficace et réaliste
pour le jour où nous serons confrontés à une pandémie plus grave"

Une proposition de résolution tendant à la création d’une commission d’enquête sur la manière dont a été programmée, expliquée et gérée la campagne de vaccination de la grippe A (H1N1) vient d'être déposée à l'assemblée nationale.

Constatant que
  • "la France s’est montrée clairement en difficulté dans ce dossier"
  • "notre pays fait partie de ceux qui ont le taux de vaccination le plus faible, malgré les moyens très importants engagés"
  • "Au moment de la grippe aviaire, des plans avaient été établis pour éviter le risque d’une pandémie. Ces plans n’ont vraisemblablement pas été suivis ou bien étaient inadaptés."
cette résolution propose :
  • "un véritable travail d’analyse, transparent, public et contradictoire
  • afin de comprendre les dysfonctionnements du plan de vaccination et les améliorations à lui apporter."
cette commission d’enquête devra répondre à de nombreuses questions dont :
– " Comment communiquer mieux sans générer le trouble dans les esprits ?"
– " Comment réaliser des vaccinations de masse ?"
– " Pourquoi et comment d’autres pays occidentaux ont-ils réussi à vacciner plus de patients que nous ?"
Cette proposition de résolution a été présentée par 6 députés du Nouveau Centre :
  • Jean-Christophe LAGARDE
  • Jean-Luc PRÉEL
  • Maurice LEROY
  • Jean DIONIS du SÉJOUR
  • Jean-Pierre ABELIN
  • Colette LE MOAL.

mardi 12 janvier 2010

Grippe A H1N1 et Principe de précaution



En complément de mon avant-dernier billet (Retour sur la grippe A H1N1 : sur-réaction ou sagesse mal comprise ? ), le site canal-académie vient de mettre en ligne l'émission intitulée "Comment fabrique-t-on une crise sanitaire... virtuelle ? : Derrière cette provocation se cache l’inquiétude du professeur André Aurengo. Peur du téléphone portable, de l’eau du robinet, du vaccin contre l’hépatite B..., ces questions souvent infondées finissent, sous la pression de l’opinion public, par enclencher un principe de précaution, et parfois des mesures gouvernementales qui au lieu de rassurer la population, l’inquiète : on lui cachait bien quelque chose. Faites le point sur les vraies et les fausses psychoses avec un médecin dont le discours est à contrecourant de bien des opinions à la mode."
Le site propose également de revenir sur le principe de précaution en lui consacrant un dossier qui regroupe plusieurs émissions :

Ceci afin de prendre en compte l'impact du principe de précaution et ses évolutions sociétales dans le RETEX qui sera consacré à la grippe A H1N1 et les choix faits par Roselyne Bachelot.

dimanche 10 janvier 2010

Retour sur la grippe A H1N1 : sur-réaction ou sagesse mal comprise ?

La gestion du risque sanitaire constitué par la grippe A H1N1 ne peut être analysée de manière exclusive sans prendre en compte quatre phénomènes qui justifient l’action du gouvernement :

- Les précédents au cours desquels l’Etat a été accusé d’incompétence criminelle : sang contaminé et canicule sont deux exemples emblématiques de l’attitude citoyenne qui ne pardonne aucune erreur à l’Etat ;
- Le principe de précaution, inscrit dans notre constitution et qui, selon la manière dont il est interprété, peut conduire aux décisions les plus excessives ;
- Le paradigme de la « société du risque » : bien décrit par Ulrich Beck, cette notion traduit une évolution sociétale majeure. De fait, notre société ne supporte plus de prendre le moindre risque et entretient à leur égard des rapports ambigus et passionnés.
- Les premières recommandations de l’OMS et l’incertitude sur l’évolution du virus plaidaient pour une vaccination préventive massive.

Dans ce contexte, la décision gouvernementale est moins sujette aux accusations caricaturales dont elle fait l’objet actuellement.

Ce qui doit cependant faire débat, c’est la manière dont le gouvernement a communiqué et la façon dont il a déresponsabilisé les citoyens.

Deux articles parus ce week-end dans Le Monde permettent d’y voir un peu plus clair. On y apprend notamment, que :
- « Ni les médecins généralistes, ni les parlementaires, ni les experts n'ont pas été impliqués alors qu’ils auraient pu recommander la vaccination, contrôler l'investissement de l'Etat et expliquer pourquoi l'OMS avait lancé un tel signal d'alarme.
- Cette campagne a été menée sur le mode militaire, selon une mobilisation à l'ancienne telle qu'on la concevait au temps de Pasteur : une guerre déclarée contre un virus clairement identifié comme l'ennemi dont il faut se débarrasser.
- Les choix faits par Roselyne Bachelot dans le cas du risque H1N1 supposent que la société veut se protéger au maximum, que le décès d'une seule personne devrait pouvoir être évité.
- Si vous êtes médecin, que vous voyez beaucoup de gens mourir et que vous relativisez les situations, vous ne donnez pas au principe de précaution la même interprétation… »

Ces deux articles sont des interviews de :
- François Ewald, spécialiste du principe de précaution,qui, dans « Le principe de précaution oblige à exagérer la menace », revient sur l’usage parfois abusif qui est fait du principe de précaution.
- Frédéric Keck, anthropologue au CNRS et spécialiste des crises sanitaires, qui, dans "Lutte anti-grippe A - Un échec du catastrophisme", revient sur le fait que moins 10% de la population française ait accepté la vaccination.

Le mot de la fin revient à Frédéric Keck :
« Les enjeux réels de la vaccination, dont tous les experts s'accordaient à dire qu'elle était préférable, compte tenu de l'incertitude inhérente à la nouveauté de ce virus, n'ont pas été assez expliqués. On n'a pas assez fait valoir que se faire vacciner, c'était contribuer à limiter la propagation du virus dans la population humaine –autrement dit, faire acte d'écologie sociale. Du point de vue de la rationalité des experts, tout a parfaitement fonctionné; la seule chose qui a manqué, c'est la mobilisation des citoyens. C'est vraiment un échec de la participation, de la démocratie sanitaire. […] Entre la prévision d'une catastrophe complètement virtuelle et la vie quotidienne, faite de routine et d'habitude, il y a une rupture. Et pour combler cette rupture, il faut beaucoup de médiation et de pédagogie.»

Pour aller plus loin :
Grippe A (H1N1) : la gestion du "risque psychosociologique majeur" : article sur « ETATS DE CRISES », le blog de Christian Regouby;
Grippe H1N1 On se trompe de polémique : article sur « ETATS DE CRISES », le blog de Christian Regouby;
Aux risques d'innover - Les entreprises face au principe de précaution : présentation du livre dirigé par François EWALD (nov 2009à sur le site de l'Institut de l'entreprise

vendredi 11 décembre 2009

GRIPPE A H1N1 : 10 000 MORTS AUX ETATS-UNIS...

"La grippe H1N1 a fait environ 10 000 morts, dont 1 100 enfants, et contaminé près de 50 millions de personnes aux Etats-Unis depuis le mois d'avril, selon une estimation des autorités sanitaires fédérales."
La suite sur le blog grippe aviaire

samedi 28 novembre 2009

le problème sécuritaire de la pandémie vu par SD

SD a (toujours) raison !
Dans un billet que j'aurais aimé écrire, SD note que nous sommes en train de passer d'un risque sanitaire à un risque sécuritaire.
Je cite certains extraits mais ne peux que vous recommander la lecture complète de ce billet (ainsi que ceux présents sur le blog de SD : Pour convaincre, la vérité ne peut suffire) :
"La pandémie H1N1 n'est pas qu'un problème de santé publique mais bien celui de l'ensemble de la nation, avec des implications sécuritaires. Le 26 novembre dernier, la police est intervenue pour calmer la population dans un centre de vaccination.
Tout cela pose la question de la résilience réelle de la population française que j'estime peu élevée face à des catastrophes naturelles ou des pandémies. Peu de morts et déjà des paniques collectives et des comportements égoïstes à grande échelle !
Cela pose la question de la culture du risque dans notre société.
l'heure n'est pas aux réponses mais à l'action et au civisme."
A ce billet de SD, je rajouterai que :
- malgré des plans bien préparés, les personnels des grands corps sécuritaires de l'Etat sont loin d'être tous vaccinés. Si tout le monde doit être sur le pont le jour J, pourquoi la vaccination de tous les policiers, gendarmes, pompiers, militaires, médecins, ... n'est-elle pas obligatoire ?
- cette crise sanitaire et la manière dont les citoyens réagissent doit nous inciter à redéfinir l'identité nationale au prisme de la défense face aux risques multiples auxquels nous serons confrontés. Dès lors, la notion d'esprit de défense est fondamentale. Elle ne fait pourtant l'objet d'aucune contribution sur le site internet de débat sur l'identité nationale.
Voir également :

vendredi 13 novembre 2009

Vaccinations pandémie : scepticisme et confusions & débat sur l'identité nationale

Alors que les médias européens s'interrogent sur la réalité du risque ("Pandémie ? Quelle pandémie ?", "Pandemic? What flu pandemic?" titrait cette semaine le journal britannique The Independent), que les experts scientifiques ne s'accordent pas sur la fiabilité du vaccin ou du Tamiflu et que la population a le sentiment que les décideurs et experts ont surévalué les risques et surréagi,
quelques enseignements peuvent être tirés de cette crise :
- le manque de cohésion nationale face aux crises. Cette absence d'unité nationale face à un enjeu en dit long sur notre faible résilience face aux risques majeurs...

- notre "société du risque" réagit selon les schémas présentés par Ulrich Beck : défiance par rapport aux données scientifiques, angoisses et remise en cause systématique des discours provenant des experts

- au moment où l'on redéfinit l'identité nationale (et je me répète, cf Débat sur l'identité nationale : quelle utilité ? ), il est impératif de savoir pourquoi il faut être unis face à l'adversité et de s'interroger sur les manières de créer cette communauté d'esprit national.

Pour aller plus loin :

dimanche 1 novembre 2009

GRIPPE A H1N1 : PANIQUE EN UKRAINE ET AU CANADA

On y lit notamment que dans ces deux pays, les populations se ruent vers les pharmacies et hôpitaux pour se faire vacciner.
De fait, "le contraste avec la France est saisissant : Alors qu'en France la ministre de la Santé bataille pour encourager la population à se faire vacciner contre la grippe H1N1, les Ukrainiens ont pris d'assaut samedi les pharmacies pour obtenir des soins."
On notera enfin, que toutes les populations ne sont pas également protégées face au risque. Ainsi, la premier ministre d'Ukraine a appelé les Ukrainiens "à confectionner leurs propres masques".

mardi 27 octobre 2009

PANDEMIE : MARS versus ATHENA

Dans son article Mars ou Athena - Réflexions autour du livre Pandémie grippale - L’ordre de mobilisation, Patrick LAGADEC critique la part de gestion militaire (Mars) de la crise qui prend trop le pas sur la gestion citoyenne (Athena).
Cet article, paru le 5 septembre 2009 sur le site Espace éthique, est passé largement inaperçu mais pose cependant avec pertinence les enjeux de cette pandémie : certes la mobilisation de type militaire des moyens de l'Etat a été correctement engagée. Pour autant, la mobilisation citoyenne ne s'est pas faite parce que les citoyens n'ont pas été considérés comme acteurs de la réaction mais comme population à défendre. Une réflexion approfondie devra donc être conduite lorsque le temps du retour d'expérience viendra pour savoir comment, à l'avenir, mieux associer les citoyens à la défense de la cité, de leur cité.
EXTRAITS :
"Traditionnellement, dès qu’il est question de situation de désastre, les instances de décision plaident la nécessité de venir prendre en charge « nos populations » (pensées comme incapables de toute réaction), de remettre des cadres (supposés totalement anéantis), de contenir “panique” et désordres (tenus pour quasi inévitables et automatiques), de protéger l’ordre public (gravement menacé). Certes, l’accent est mis depuis deux ou trois décennies sur la nécessité de « communiquer » (beaucoup) et de consulter (un peu), mais si le niveau de gravité s’élève, les principes cardinaux sont rapidement de retour – « la force doit prévaloir sur le droit ». Athena est peut-être fort sympathique, mais elle doit laisser la place à Mars dès que l’on passe aux choses sérieuses.
Certes, il faut préparer des plans, des logiques d’intervention, des moyens, mais ne jamais penser que tout cela pourra se penser et se faire depuis des bureaux, des Q.G., à l’abri de leurs règles et de leurs secrets. A détruire la cohésion on ne génère que de l’incohérence. Certes, il faut faire montre d’autorité, mais c’est d’abord pour éviter que les conceptions traditionnelles de « perte de contrôle » et de « désordre », largement dramatisées par le discours médiatique automatique, ne conduisent à des inquiétudes extrêmes, à la mise en cause des responsables pour non assistance à populations en danger. Dans cette ligne, la première urgence est de faire comprendre qu’il est urgent de mobiliser totalement Athena, non de la mettre sous tutelle avant de la mettre aux fers si la mise au pas ne suffit pas.
Mars règle à l’avance les réponses, pour épargner à la Cité la difficulté des questions et des choix. Athéna convoque le citoyen pour lui faire connaître qu’il a devant lui des questions à ouvrir, à penser, à débattre, et à traiter : cette démarche qu’il lui faut engager est précisément ce qui donne sens et consistance à la Cité. Comme le dit Emmanuel Hirsch en introduction à l’ouvrage, la première urgence est bien une « urgence politique »

samedi 17 octobre 2009

GRIPPE A H1N1 : VERS UNE MUTATION DU VIRUS ?

Alors que les premiers cas d'infection de porcs par le virus de la grippe H1N1 pourraient avoir été détectés dans l'Etat du Minnesota (Nord des aux Etats-Unis), une possible mutation du virus doit être sérieusement envisagée.
Les services sanitaires américains préparent un vaccin pour les porcs, et feront placer en quarantaine les animaux infectés.
Malgré la faible virulence du virus actuellement constatée et les réponses énergiques déployées par les gouvernements, ce dernier événement doit inciter à rester vigilants et mobilisés.
en savoir plus : sur le blog Grippe aviaire.