samedi 27 juin 2009

Analyse de la dynamique organisationnelle en temps de crise

Encore un document intéressant, les vacances approchent : il faut prévoir de la lecture ! :
"RESUME
Toute organisation performante doit être capable de gérer des événements exceptionnels de manière optimale. Cependant, les obstacles sont nombreux. L’essence de ce travail de thèse consiste à dépasser ces obstacles en étudiant les modes d’interactions entre parties-prenantes, groupes d’acteurs et organisations d’un système dégradé. L’outil utilisé pour ce faire est une méthode de retour d’expérience innovatrice, le Rex Positif, qui permet de représenter et de comprendre la complexité et dynamique des situations. L’analyse diachronique d’un riche échantillon empirique de gestion de situations de crise permettra de mettre en lumière l’existence et l’émergence de comportements organisationnels récurrents. Une des hypothèses de base est que les organisations subissent des contraintes semblables en temps de crise et doivent par conséquent les anticiper afin de s’adapter en intégrant un certain nombre de comportements universels afin d’être plus performantes dans la gestion de situations dégradées."
"QUESTION CENTRALE DE LA THESE
Toute l’organisation de la Sécurité Civile s’appuie sur un mode spécifique de pilotage de la gestion des événements majeurs : l’utilisation de plans de prévention, d’intervention, de sauvegarde, permettant d’agir de manière performante tout en internalisant l’expérience acquise.
Une lecture historique concernant la théorie décisionnelle des systèmes complexes permet de dégager deux grandes approches successives implémentées dans le domaine de la planification :
Normative : cette approche se fonde sur la détermination d’un ensemble d’actions possibles et optimales selon un critère d’utilité. Selon Simon, cette vision de la prise de décision a été remise en cause par l’introduction des sciences cognitives et la psychologie.
Opérationnelle : cette approche rassemble des travaux reconnaissant l’efficacité des stratégies « non optimisatrices » dans la résolution de problèmes complexes. Ainsi, Kahneman et Tversky affirment que « dans les faits, les gens s’appuient sur un petit nombre de principes heuristiques réduisant à des activités de jugement plus simples les tâches d’affectations de probabilités. Ces heuristiques sont souvent indispensables, même si elles peuvent aussi conduire à des erreurs graves et systématiques ».
Nous passons donc de l’optimisation à la prise en compte de la contextualisation et par conséquent l’incorporation d’éléments heuristiques et cognitifs. Les notions d’erreur non-intentionnelles et de déviations intentionnelles apparaissent.
Les plans de secours sont souvent construits progressivement et adaptés, en fonction de l’évolution du contexte. Se sont ces évolutions qui doivent être détectées, analysées et capitalisées. L'identification, l'évaluation et la gestion des risques pour l'environnement, pour la sécurité des populations sont, aujourd'hui plus que jamais, au centre des préoccupations des décideurs. Les mesures normatives techniques et organisationnelles sont appliquées avec un succès variable. Toutefois, il subsiste un nombre important de situations de crise dans lesquelles l'imbrication des comportements et des représentations semble prendre une part prépondérante. Chaque situation dégradée (variables de nature situationnelle, individuelle et collective), va donc permettre à la fois un suivi des grandes lignes directrices des plans de secours et une originalité des initiatives locales, des pratiques in-situ, improvisées et développées avec l’objectif de mieux faire face à la particularité de la situation en cours. Les gestionnaires de l’événement se doivent de capitaliser ces modes d’action afin d’améliorer la gestion globale de la crise. Afin de mieux rendre visible les comportements émergents, il faut connaître les comportements attendus et fixés par les plans et identifier les divergences à ces plans."

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