dimanche 29 mars 2009

RED RIVER FLOODING et KATRINA



Les inondations qui frappent actuellement le Nord des Etats-Unis sont l’occasion de revenir sur la gestion de Katrina par le gouvernement US :
- L’événement s’est produit fin août 2005.
- Il a fait 1 500 morts (alors que les attentats du 11 Septembre en ont fait 2 986). L’évaluation immédiate du nombre de morts prévoyait jusqu'à 10.000 morts (selon les propos du sénateur républicain Vitter ; on retrouve parfois ce chiffre erroné dans les articles consacrés à l’ouragan).
- Géographiquement, la superficie sinistrée (225 000 KM²) représentait la moitié de la superficie française.
- Economiquement, il a causé des dommages évalués entre 50 et 100 Mds $
- Politiquement, il a surtout valu de violente critiques contre l’administration Bush qui a mal géré le risque et la crise :
o La FEMA (Agence fédérale de gestion des situations d'urgence) a vu dans les années précédant l’ouragan ses budgets décroître au profit de la lutte contre le terrorisme ;
o Les enseignements de l’exercice Pam (joué au printemps 2004) n’ont pas été appliqués. L’exercice simulant les effets d’un ouragan sur la Nouvelle-Orléans avait précisément démontré les conséquences d’une telle catastrophe, préfigurant le scénario qui s’est effectivement réalisé. Les autorités américaines avaient donc tous les éléments d’information nécessaires pour gérer ce risque.
o Les rapports d’enquête réalisés par la Maison blanche, la chambre des représentants et le Sénat US, qui ont été analysés par Patrick Lagadec (http://www.patricklagadec.net/fr/ ) ont mis en évidence de multiples dissonances dans la gestion du risque et de la crise, notamment « a failure of initiative » et « a lack of leadership ».
- Médiatiquement : Katrina a fait moins de morts mais a bénéficié d’une couverture médiatique 40 fois plus élevée que celle de l’ouragan Stan (25 articles, plus de 1600 morts au Guatemala).
- Militairement, les rapports d’enquête pointent un emploi de la puissance militaire (300 soldats de retour d’Irak et 22 000 gardes nationaux) défectueux, par manque de préparation des autorités à cette éventualité. Dans le même temps, les rapports concluent que le recours à l’armée est inévitable face à une crise de cette ampleur.

Le nécessaire recours aux militaires :

Daniel Vernet écrivait dans son éditorial du Monde le 9 septembre 2005, « A quoi sert-il de vouloir garantir la sécurité des Américains en se battant en Irak, voire en tentant d’y implanter la démocratie, si dans le même temps il n’est pas possible de les protéger contre des aléas certes naturels mais dont les conséquences au moins devraient être humainement maîtrisables ? »

Depuis, le recours à l’Armée est systématique :

- Automne 2007, USA : Bush réquisitionne les militaires pour lutter aux côtés des pompiers contre les feux de forêts qui ravagent la Californie ; 6 avions militaires sont transformés en bombardiers d’eau.
- Août 2008 en France, une centaine d’hommes de l’armée de Terre intervenait dans le Nord à Hautmont, pour « effacer les stigmates de la tempête » (Le figaro, Edition du 12 août 2008).
- Janvier 2009 en France: face à la tempête Klaus, le gouvernement français déploie 1500 soldats et utilise quatre Mirages chargés de photographier les zones touchées par Klaus et « permettre ainsi aux autorités civiles d’optimiser les secours ».

L’Armée permet ainsi de mettre en œuvre :
- Une ressource humaine, même si elle est de plus en plus contrainte
- Une structure de commandement
- Des matériels (avions, hélicoptères, drones, …).
Les actuelles inondations de la Rivière rouge comprennent l’intervention des soldats pour renforcer les digues et l’emploi de drones pour préciser les risques.

Pour conclure, cet événement pose les questions suivantes :

- Les événements climatiques, fortement médiatisés, semblent devenir chaque fois plus exceptionnels. Les pressions médiatiques transforment ces événements en crises de grande ampleur.
- L’attente de la population est forte pour que l’Etat agisse et gère la crise.
- Quid, compte tenu des moyens militaires contraints, d’une réaction européenne face à de tels événements ?

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